Les Sept Mercenaires – John Sturges (1960)

Publié: janvier dans Guerre, Western
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Non mais ça me fait plaisir. Déjà parce que Les  Sept Mercenaires est un de ces westerns que je connais par cœur mais aussi parce que ce film que John Sturges mis en boîte en 1960, conditionna sans aucun doute mon amour pour les personnages sur la brèche, hors la loi et désabusés, qu’une noble et juste cause allait réunir le temps d’une mission suicide. Remake de Les Sept Samouraïs, le film de Sturges n’entretenait finalement de rapport avec celui de Kurosawa que par son pitch, avec l’histoire de ces fermiers Mexicains qui, pour se défaire du racket de Calvera (Eli Wallach, égal à lui-même dans son rôle de crapule, lequel tapa dans l’œil de Leone pour Le Bon, La Brute Et Le Truand) et de ses hommes, allaient engager un petit groupe de cow-boys, tous des professionnels du travail rapide, net et sans bavures…

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Habitué à filmer des héros de western souvent mis en échec et désabusés par leur propre condition, Les Sept Mercenaires est d’ailleurs le film qui semble le mieux résumer la carrière de John Sturges dans le genre, réalisateur mal aimé des amateurs justement, alors que ce dernier filma -et par deux fois- la meilleure adaptation à l’écran de Wyatt Earp et Doc Holliday avec Règlement de compte à OK Corral et l’excellent Sept Secondes En Enfer. Si d’ailleurs Les Sept Mercenaires ne mettait pas en scène des légendes qui auront marqué l’histoire de l’Ouest Américain, il n’en demeure pas moins que c’est bien avec une efficacité des plus remarquables que John Sturges portait à l’écran des personnages fictifs marqué du sceau du mythe westernien. Anticipant de quelques années l’état de démystification de la légende et de pessimisme qu’engendra son plus grand représentant avec L’Homme Qui Tua Liberty Valance en 1962, John Sturges filmait l’Ouest dans lequel l’homme de loi et son étoile brillait par son absence et sa soupçonnable impuissance à secourir les plus faibles des plus forts. Se rappelant au bon souvenir de Un Homme Est Passé avec Spencer Tracy, John Sturges se livrait à un plaidoyer contre l’intolérance dans le premier quart d’heure du film en guise d’introduction des personnages de Yul Brynner et Steve McQueen, à l’escorte d’un cercueil d’un Indien qu’une certaine partie de la ville refuse de voir enterrer dans son cimetière. Dans Les Sept Mercenaires, la justice revêtait donc le visage de gâchettes impitoyables, présumées sans foi ni loi.

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Il y ‘avait quelque chose de génial à voir ces hommes, ces tueurs, enrôlés pour une vingtaine de dollars à une cause qui ne les concernait pas (la défense d’un village Mexicain contre une soixantaine de pilleurs armés), seulement motivés par un hypothétique rachat de l’âme (le personnage de gunman psychotique incarné par Robert Vaughn) ou par esprit de compétition (celui de Steve McQueen ou de James Coburn). Il conviendra de relever, comme une punition se dressant dans un film exaltant un certain humanisme, que les premier des mercenaires tués sera le seul a travailler pour l’argent et à s’imaginer que les terres des fermiers Mexicains regorgaient d’or (Brad Dexter). Une idée fixe avec laquelle Yul Brynner préfèrera d’ailleurs laisser mourir son compagnon, l’idée de conforter, jusque dans la tombe et aussi amorales soient-elles, les convictions profondes qui ont animé chacun de ces hommes.

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Manifestant comme souvent une habileté à brosser la vraisemblance psychologique de ces personnages, John Sturges régalait le spectateur avec cette efficience qui tenait en une courte scène, un plan ou une ligne de dialogue. Excellemment bien écrits, ces derniers mettaient à nu la nature de ces mercenaires que seuls les balles semblaient pouvoir atteindre au cœur. Ainsi, surpris par Yul Brynner alors qu’il se trouve au contact d’enfants du village au fait de son véritable nom (Bernardo O’Reilly), Charles Bronson, daignant regarder son partenaire, répondra : « Oui, c’est mon vrai nom. Mexicain d’un côté, Irlandais de l’autre, et moi au milieu. ». Harmonisée à cette thématique d’existence et d’appartenance à un groupe, la réalisation de John Sturges épousait avec autant d’efficacité les quelques grands espaces filmés que les situations qui exaltaient la nature des personnages du film, notamment dans la première partie du film, formidable, qui voyait le recrutement de ces cow-boy sans attache par le plus mystérieux d’entre tous (Yul Brynner).

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Ce texte est dédicacé à la mémoire de Robert Vaughn (1932-2016), dont son rôle dans le film de John Sturges aura sans doute été le plus fascinant et complexe de sa carrière…

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