American Me – James Edward Olmos (1992)

Publié: janvier dans Biopic, Drame
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L’histoire : Au sein de la prison de Folsom, Santana et son gang La Primera, règnent en maître, exerçant un contrôle absolu sur le trafic de drogue et la prostitution à l’extérieur, comme à l’intérieur de la prison. Mais après 20 années d’incarcération, Santana est enfin libre…

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James Edward Olmos à 45 ans lorsqu’il passe pour la première fois derrière la caméra, précédant une carrière d’acteur ayant débuté dans les années 80 et dont le rôle le plus populaire fut celui du Lieutenant Castillo, tenu dans la série Miami Vice pendant un peu plus de 6 ans.
En 1992, fort d’un projet qu’il aura mis plus de 15 ans à concrétiser, James Edward Olmos s’attaque à la réalisation d’American Me.

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En plus de soulever le douloureux problème des gangs et de la prison, l’histoire d’American Me assurait à James Edward Olmos de mettre en scène la communauté hispanique, peu présente au cinéma, alors, dans des rôles majeurs.
Inspiré de faits réels, le film s’attache à suivre le personnage de Santana, de ses débuts en prison à sa réinsertion sociale. Bien qu’une longue partie du film se déroule derrière les murs de la prison de Folsom, American Me est pourtant dépouillé des codes destiné au genre. Ici, ni matons sadiques ni de directeur véreux. Pas plus qu’on ne s’attarde sur une probable tête de turc dont le héros prendrait la défense, comme il n’y a pas pas non plus de plan d’évasion échafaudé par des détenus liés par une amitié naissante.
A Folsom, l’envers du décors n’a rien de ce prolongement fictionnel du film de prison. On y découvre par exemple, comment la drogue pénètre et circule en son enceinte et l’on y apprend que les coups de surins sont autant destinés aux amis qu’aux ennemis. L’état dans lequel Olmos filme les cellules est autant brutal que le viol subit par son personnage à son arrivée dans une prison pour mineur.

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Pourtant, plus qu’un film sur les agissements des gangs en prison, American Me est d’abord l’histoire de la rédemption d’un personnage nourri à l’agressivité carcérale. Avec énormément d’humilité et sans jamais verser dans le pathos, James Edward Olmos filme son personnage libéré physiquement dans les rues de Los Angeles, mais toujours entravé dans sa démarche d’en terminer, psychologiquement, avec la prison.
Quelle scène ne symbolise t’elle pas mieux ce sentiment, que celle nous montrant un Santana faisant pour la première fois l’amour à une femme et, frustré par son inexpérience, s’adonne à une violence comparable à celle qu’il faisait subir aux détenus de Folsom ?

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En dehors d’un début plutôt raté tant sa narration rappelle le Scorsese du pauvre, le film de James Edward Olmos est habité par une très grande force de conviction dans ses propos et dont certains dialogues sont particulièrement maitrisés dramatiquement, pour une première réalisation (celui opposant James Edward Olmos à William Forsythe en fin de film, étant un des plus magnifiques).
Dominé dans sa dernière demi-heure, par un bouleversant final, James Edward Olmos avec son premier et unique long, rendait, sur le thème a priori racoleur des gangs et des prisons, l’émotion inoubliable.

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