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L’histoire : A la suite d’un braquage, Porter (Mel Gibson) est trahi par sa femme (Deborah Unger) et son associé (Gregg Henry). Laissé pour mort, Porter s’en sort miraculeusement et n’a qu’une obsession en tête : récupérer son argent…

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En 1967, le réalisateur John Boorman qui n’avait jusqu’à lors tourné qu’une comédie somme toute mineure (Catch Us If You Can), allait bouleverser certains codes cinématographiques de l’époque en adaptant une œuvre du romancier Donald E. Westlake dans un film intitulé Point Blank. Avec Lee Marvin dans le rôle principal, Boorman réinventa une certaine idée du polar par le biais d’une mise en scène pour le moins originale et au style impressionnant de férocité, qui influencera bon nombre de films par la suite.
35 ans plus tard, sous l’impulsion de la société de production de Mel Gibson (Icon) le remake de Point Blank déboulait dans les salles : Payback.

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Pour Mel Gibson, remaker le film de Boorman en s’appropriant le rôle titre est une grosse occasion de mettre à mal cette image de héros modèle et moderne qu’il se traîne depuis quelques films. Enthousiasmé par l’ébauche de scénario de son auteur, Gibson demande à Brian Helgeland (pas encore auréolé de son oscar pour L.A. Confidential) de rendre une copie propre avec la promesse qu’il y interprétera le rôle principal, en plus de lui laisser les clés de la réalisation. De Point Blank, Helgeland ne conservera que le pitch de départ, transformant par ailleurs le nom du personnage interprété par Lee Marvin – Walker – en Porter. Mais, ne négligeant pas sa position dominante en tant que distributeur du film, la Warner imposa son droit de regard sur le montage final. « Et là, c’est le drame »

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Désireuse de voir un film dans lequel son acteur principal reprendrait le simili rôle de Riggs, la Warner ne manque pas de s’étrangler à la vision, violente, du film de Brian Helgeland.
Furieuse, elle impose le reshoot de certaines séquences, un bad-guy supplémentaire (il s’agira en fait du rôle tenu par Kris Kristofferson) ainsi que le rajout de nouvelles scènes, jugeant le film trop court (et pourtant, la version ciné ne dure que…97mn!). Helgeland, refusant de se soumettre aux exigences du studio et ne recevant que peu d’appui de la part de Mel Gibson, quitte la production (la bande-annonce fut d’ailleurs représentative de ce qu’à voulut faire le studio, du film).
C’est Terry Hayes (Mad Max 2) qui co-écrira lesdites scènes, et alors que beaucoup s’accorde à prétendre que ces séquences furent tournées par Mel Gibson lui-même, ce dernier dévoilà il y’a quelques années que celui qui remplaça Helgeland derrière la caméra n’était autre que John Myhre (production-designer sur X-Men).

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Malgré cela, Payback n’en demeure pas moins un polar âpre et violent, rehaussé très intelligemment par une photo au teint grisâtre comme une forme d’hommage aux œuvres noirs de l’époque (tout l’inverse donc du film de Boorman, au style visuel si caractéristique). Avec une pincée de Peckinpah (Guet-Apens), un peu de Walter Hill (Driver) et un soupçon de Don Siegel (Dirty Harry), Payback ressuscitait trois réalisateurs (encore que Walter Hill soit encore de ce monde!) ayant étalé leur machisme à l’écran. Sous ses allures de jeu-vidéo (dans le film, chaque boss rencontré est toujours un peu plus fort), l’univers de Payback était foncièrement méchant, ne s’embarrassait d’aucune morale et ne contenait aucun héros. Porté par l’interprétation de Mel Gibson dans un rôle de Terminator badass qui lui allait comme un gant, Payback démontrait surtout, qu’au nom du sacro Saint-Fun (puisque c’est la constante aujourd’hui afin de justifier les navets qu’on nous trimballe à l’écran) l’on pouvait faire un film décérébré sans sacrifier tout le plaisir qu’était censé procurer un film au cinéma.

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