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Ca vous fait rire ? Et pourtant, derrière ce titre qui n’avait rien pour lui sauf celui d’affirmer bien haut et fort son appartenance au genre, se cachait une petite pépite produite avec opportunisme par AIP (Blacula fut le premier d’une longue série de blax’ financé par Samuel Z.Arkoff) perpétuant, par ailleurs, la tradition d’un cinéma d’épouvante monté avec 3 francs six sous par la firme, jusque dans les ghettos Américains.
Réalisé par William Crain (qui se sera surtout distingué sur quelques épisodes de séries TV, notamment The Mod Squad et Starsky & Hutch, en pleine mode du polar urbain donc), l’histoire de Blacula débute au XVIII siècle en Transylvanie, où un prince Africain du nom de Mamuwalde accompagné par son épouse Luva, tentent de convaincre le Compte Dracula de cesser toute activité esclavagiste en Europe.

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Peu enclin à la négociation et levant le voile sur son identité de vampire, Dracula fait prisonnier Luva et Mamuwalde non sans avoir mordu ce dernier et lui avoir ainsi transmis ses gênes vampiriques.
2 siècles plus tard, un couple d’antiquaires gays acheminent les objets du Compte Dracula, dont le cercueil où repose Mamuwalde, jusqu’à Los Angeles. Réveillé par l’odeur de la chair fraîche (les gays donc) et lâché dans les rues de la cité des anges, Mamuwalde fait la connaissance de la jolie Tina, réincarnation de son épouse morte il y’a 200 ans, qu’il entreprend de séduire…

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Si vous avez longtemps cru que seule la version de Coppola inscrivit le mythe littéraire de Bram Stoker dans un genre lyrique, c’est oublier que les auteurs de Blacula firent déjà de l’avatar noir du Prince de la nuit un être romanesque, précédent de 20 ans la vision érotico/onirique de Francis.
Sans atteindre toutefois les qualités plastiques du Dracula vu par Coppola, mais associé à toute l’iconographie issue de la Blaxploitation, Blacula surprenait forcément de par l’introduction des sentiments amoureux, coupant court le temps d’un métrage, à cette glorification machiste entrevue dans le genre.
Mais fidèle à la dimension subversive contenue dans le cinéma de Blaxploitation, le film revendiquait par l’intermédiaire du personnage de Mamuwalde une certaine négritude et stigmatisait le discours raciste et homophobe de la police par la voix du Lieutenant Peters interprèté par Gordon Pinsent (le faux sosie de du Pdt Kennedy dans The Forbin Project).

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A l’évidence tournée à l’économie comme toute bonne B produite par Z.Arkoff qui se respecte, le film reposait – outre cette variation du mythe exploité avec réussite – sur une intrigue à l’allure d’enquête policière plaisante à suivre (mais comme je suis un mec bien et impartial, j’ajouterai aussi archi-conventionnelle) que ne viendra même pas plombée des maquillages cheapos au possible, et une interprétation solide à propos de laquelle on retiendra surtout l’excellente composition du géant William Marshall, particulièrement convaincant dans le rôle de Blacula.

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Avec ce film, la Blaxploitation marquait son entrée dans le cinéma d’horreur, Blacula ayant précédé des titres tels que Blackenstein et autres Dr Black & Mr Hyde.

Oui monsieur.

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