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Sur la lancée des pérégrinations de mes lectures passées, et au bon souvenir de celles qui ont animées les pages de feu  » Titans », la collection Marvel Classic m’a offert la relecture de The Invaders, titre crée par Roy Thomas au beau milieu des années 70 à l’âge de 34 ans (AKA le rêve américain), en hommage aux héros ayant bercé son enfance une trentaine d’années plus tôt.
L’aventure met donc en scène –en pleine 2nde guerre mondiale- les personnages du big-three, présentement sous les traits de Captain America (et Bucky), Namor, le Prince des Mers, et la Torche humaine (secondé par Toro), tous 3 (oui bon, tous les 5) désormais réunis sous le nom des Invaders, pour combattre les forces de l’axe (Giant Size Invaders #1).

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Si en réalité, plus qu’une création originale dont il aurait pu s’accorder la paternité, Roy Thomas s’inspira de cette association de surhommes, déjà prégnante dans All Winners Comics et surtout All Winners Squad, revues publiées toutes deux dans les 40’s, il lui appartient totalement d’avoir su prolongé le lien entre les aventures des héros du golden age et ceux du Marvelverse, dans la tradition super-héroïque du genre appartenant au Marvel Comics Group. Ainsi, alors que chez Timely, le big-three avait pour adversaires directs Hitler, Hirohito ou Mussolini, les Invaders affrontaient des super-vilains tels que U-Man dans « Blitzkrieg At Bermuda » (#3) ou Crane Rouge, tel que Marvel redéfinit le personnage dans les sixties, dans « Red Skull In The Sunset! » (#5).
C’est justement dans ce numéro, que Roy Thomas allait assouvir un rêve vieux d’un peu plus de 20 ans, ré-introduisant d’autres grandes figures des années 40, laissées sur le carreau par Marvel alors que ceux du big-three nourrissait son succès, avec une certaine continuité (Captain America) ou relecture (La Torche).

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Sous le contrôle de Crane Rouge, les Invaders combattait désormais pour les forces de l’axe et refaisait Pearl Harbor quelque part dans le middle west sous les yeux de militaires impuissants, tandis que Crane Rouge alimentait de propagande les ondes de chaque foyer US, sommant l’amérique à rendre les armes, maintenant que ses (ex) protecteurs avait rejoint le camp nazi.
Mais, considérant son rôle à un rang de simple faire-valoir inoffensif, celui-ci ne soumis pas sous hypnose le jeune Bucky, laissé pour compte de l’équipe des Invaders, et pas plus pris au sérieux par le président Rooselvelt lui-même, auprès de qui il venait pourtant soumettre un plan pour sauver ses co-équipiers de l’emprise de Crane Rouge.

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C’était bien là tout le génie, la réussite et la magie d’un Roy Thomas, projetant à n’en pas douter en le personnage de Bucky tout l’affectif pour une époque qu’il était désormais en mesure de pouvoir produire dans sa fonction de scénariste (idée qu’il introduisit déjà –et de quelle manière!- dans l’arc « The Kree-Skrull War », avec Rick Jones).
C’est donc en investissant les lieues d’une station de radio que Bucky interpella le Patriot (ce dernier s’y produisant pour une interview), sur la nécessité de réunir d’autres héros afin de contrecarrer les plans de domination de Crane Rouge, et des forces de l’axe.

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A la façon d’un épisode de Mission Impossible (d’un film de commando, ou encore d’un caper movie !), Bucky allait recruter sur les ondes de grands figures costumés et disparues (voire inconnues) de la mémoire des jeunes lecteurs des années 70.
Ainsi naquit, sous le coup de crayon d’un épisode dessiné par le vétéran Don Heck (Marvel Premiere #29), The Liberty Legion (nom que griffonna Roy Thomas… dès les années 50 !) composé du Patriot, Miss America, The Thin Man, Jack Frost (une des premières création de Stan Lee), The Whizzer, Red Raven (sans doute légèrement plus familier du lectorat nouveau de chez Marvel, puisque Thomas le fit apparaître dans X-Men #44), et enfin Blue Diamond.
Bien que quelque peu déséquilibré numériquement (la Liberty Legion compte pas moins de 7 membres tandis que les Invaders sont au nombre de 4, Bucky en moins), les deux équipes allaient notamment se battre dans l’enceinte d’un Yankee Stadium archi-comble, arène moderne pour un combat de gladiateurs non-moins futuristes.
Au terme d’une lutte où les membres des Invaders retrouvaient enfin leurs esprits, les deux supers-équipes s’associèrent pour éliminer Crane Rouge et sauver le public de l’écroulement du Yankee Stadium.
L’amérique avait retrouvé ses héros et vu naitre l’une des plus belles équipes des années 40.

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Le numéro suivant, intitulé « The Blackout Murders Of Baron Blood! », allait déplacer l’action de The Invaders hors du territoire US pour l’angleterre, où le big-three allait combattre le Baron Blood, un vampire à la solde des nazis mais aussi, faire connaissance –en même temps que nous, lecteurs- avec… Union Jack !
Aussi incroyable que le triangle familial qui allait servir de socle à l’histoire de Roy Thomas (le père, Union jack, sa fille et Baron Blood, son frère !), les numéros articulés autour de cette histoire (du #7 au #9) allait notamment permettre d’évaluer le personnage de Vision que créa Thomas pour The Avengers, par l’intermédiaire de celui de la Torche, androïde que l’on découvrait capable de ressentiments.

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Conçu comme une véritable mini-saga nourrie par des rebondissements et un suspense qui n’accordera aucun relâchement dans la lecture, et investi par des idées aussi grotesques qu’étonnamment bien gérées (pour masquer sa dentition de vampire dans le civil, le Baron Blood porte… un dentier!), l’épisode qui allait conclure ce premier volume et titré « An Invader No More! », ne pouvait faire l’objet d’aucune critique, tant tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un telle revue, faisait à chaque fois mouche dans ce numéro. Même les dessins de Frank Robbins (le Daredevil déglingué qui déambulait dans la ville dans Daredevil #155, c’est lui) y étaient stupéfiant d’expression et de dynamisme. Mais quelle dernière planche en guise de cliffhanger ne nous a-t-il pas gratifié ?!

Messieurs, on en redemande !

commentaires
  1. […] l’attente provoquée par le final de « An Invader No More! » (voir la 1ère partie de l’article). Mais dès les premières pages de « Night Of The Blue Bullet ! » (#11), les […]

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