Un Condé – Yves Boisset (1970)

Publié: janvier dans Polar, Thriller
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Interdit de salles pendant 6 mois sur décision du ministère de l’Intérieur en 1969 (quand en 2008, une cinquantaine de personnes défilent à Paris pour un film dont l’opinion public se contrefout), Un Condé politisait le polar à la française sous l’objectif d’Yves Boisset, en dénonçant le système policier d’alors via une histoire de vengeance opposant flic (Michel Bouquet) et voyou (Michel Constantin).

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C’est donc dans une France post-68, que Boisset immergeait le spectateur dans les méthodes violentes de la police, catalysées en le personnage de Michel Bouquet, flic vengeur, pétant littéralement les plombs à la mort de son co-équipier (Bernard Fresson), trainant sa carcasse d’ange de la mort dans un costume sombre, et dessoudant du méchant avec une froideur implacable pendant près de 90 minutes.

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Il y’avait quelque chose de terriblement pervers et satisfaisant, à la manière des vigilante movie US, de voir un Bouquet au-dessus des lois incarner le champion de la répression.
Comprenant sans doute le caractère amoral de l’entreprise provoquée sur le spectateur, au fur et à mesure que le film solidifiait le côté indestructiblement jouissif du personnage de Michel Bouquet, Yves Boisset faisait s’inverser la tendance lors du tabassage de Rufus par Michel Bouquet, en introduisant dans l’action le gamin du personnage de Rufus, se faisant s’interrompre les exactions du flic de la République, stupéfait d’être mis à nu par le regard d’un môme et par la cinglante réplique de Rufus, en sang : « Tu vois… c’est ça un flic ».

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Même si le dernier quart d’heure demeure moins convaincant, sans doute parce que Michel Bouquet quitte alors son habit de flic psychopathe, Un Condé est un polar à la tonalité sombre et hargneuse soutenue par les inquiétant cuivres de la musique composée par Antoine Duhamel (comme lorsque Bouquet déboulait dans le commissariat à la suite du meurtre de Bernard Fresson) que je résumerai à la violence du prologue et à cette phrase prononcé par Bouquet à Adolfo Celi : « Monsieur le commissaire principal, vous me donnez envie de dégueuler ».

Un Condé ou Dirty Bouquet dans le texte.

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