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Professeur de cybernétique de renom, Alex Harris (Fritz Weaver) entretient une relation au bord de la rupture avec sa femme, Susan (Julie Christie), pour laquelle il est peu présent. En effet, Alex est le créateur d’un ordinateur animé d’une intelligence artificielle surpuissante, Proteus IV, destiné à la recherche et à l’évolution de plusieurs vaccins pour le milieu médical.
Mais désireux de s’émanciper par delà ses circuits électroniques, Proteus IV émet à Alex le souhait d’étudier l’être humain par l’intermédiaire d’un des terminaux informatiques avec lesquelles il est relié. Décontenancé par le désir de sa machine, Alex refuse. A son insu, Proteus IV défie alors la volonté de son créateur, et pénètre le système informatique de sa maison où il va faire de Susan sa captive, avec pour but : l’enfanter.

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Insensé sur le papier, le pitch de Demon Seed fait pourtant preuve d’un sérieux inattaquable à l’écran.
A partir d’une des thématiques favorites du cinéma d’anticipation des années 70 où la technologie moderne asservirait l’homme, le réalisateur Donald Camell échoppait un huis-clos d’épouvante de tout premier ordre, où l’immense demeure des Harris allait devenir le lieu de toutes les perversions et soumissions pour Susan, sous le regard et le contrôle de Proteus IV.

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Malgré la similarité du sujet avec The Forbin Project (les velléités de pouvoir d’un super-ordinateur), Donald Camell, avec Demon Seed, n’alimentait pas le terrain politique qui fut la pierre angulaire du film de Joseph Sargent, mais se servait autant de l’introduction de l’inconnu d’une menace chez les Harris pour allégoriser sur les principes de foi conjugale (voir cette incroyable scène où Julie Christie annonce à Fritz Weaver la présence de Proteus IV dans la maison, comme un aveu d’adultère), ou sur les méthodes scientifiques menant à l’insémination artificielle (la création d’un enzyme par Proteus IV, reproduisant un spermatozoïde humain !), qu’il étudiait le mécanisme de la peur dans une mise en abime impliquant le personnage de Julie Christie et le spectateur.

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Parce que, bien plus que les théorèmes métaphysiques et autres études sur les rapports de couples qui alimentaient le film, c’était bien l’expression de l’angoisse envahissant la demeure des Harris comme le psyché d’une société cauchemardant sur l’avancée de ses technologies et la représentation de l’élément hostile comme le symbole d’un esprit frappeur hantant la maison, qui élevait Demon Seed au rang de film d’épouvante, bien plus que celui d’anticipation.
Du sinistre score de Jerry Fielding à la métallique voix de Proteus IV dont la première apparition sonore n’était pas loin de glacer le sang, à la lourde atmosphère infestant l’espace fantastique du film, tout concourrait dans Demon Seed a installer le spectateur dans un état d’angoisse inconfortable, comme en atteste le final antéchristien en diable, pessimiste, Kubrickien : superbe.

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Quelques uns se souviendront de sa diffusion dans L’avenir Du Futur, certains d’avoir assouvi une curiosité cinéphilique, les autres vous savez ce qu’il vous reste à faire.

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