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Réalisé par l’australien Bruce Beresford (l’homme qui conquit les oscars avec… Miss Daisy Et Son Chauffeur!), l’action de Money Movers se déroule au pays des kangourous et prend pour cadre une société de convoyage dont le propriétaire, Lionel Darcy (Frank Wilson), est victime d’une lettre anonyme annonçant le hold-up prochain d’un convoyage de 20 millions de dollars.
Pour Eric Jackson (Terence Donovan, on fire), le chef de la sécurité de la société de Darcy, c’est un coup dur : voilà des mois qu’il projetait avec son frère (Bryan Brown) et un autre collègue de braquer le convoi.
Si les trois hommes décident de ne rien modifier à leur plan, celui-ci va malgré tout prendre une tournure à laquelle ils n’avaient pas songé…

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Et là, je fais court. Parce que derrière son statut prétendument ingrat de film d’exploitation, ce qui frappe dans Money Movers, c’est la richesse certaine d’un scénario dont les lignes ne se contentait pas uniquement d’assurer le minimum autour du canevas schématique du genre, mais élaborait, au travers d’une galerie de personnages dépouillé de tout symbole primitif, une narration syncrétique que la convergence des actions allait faire s’achever sur un orgasmique final barbare.
Ce qui rendait donc si foutrement prenant le film de Bruce Beresford, ce n’était pas plus l’élaboration du « coup » comme embryon caractéristique du caper-movie, que la nature des héros du film -révélée ou obscure- qui parfois même, laissait des interrogations terribles sous les yeux du spectateur. J’en veux pour exemple une action de la dernière séquence du film, qui semble bien émettre le lien entre la relation homosexuelle de David Griffiths (Hu Pryce) et Eric Jackson, dans la grande tradition du what if… .

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Si la cohabitation du prolongement psychologique des personnages avec le genre n’a rien de rédhibitoire en soi, elle peut aussi occuper la place d’une ambition risquée pour peu que le réalisateur perde en chemin la considération que son rôle est d’abord celui d’être un catalyseur de l’action. Bonne nouvelle, Bruce Beresford ne commettait pas l’impair de Ben Affleck (The Town), pour prendre un exemple récent de caper movie sacrifié.

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Lorsque était d’ailleurs invoquer la romantisation des rapports homme/femme (dans le film, les acteurs Tony Bonner et Candy Raymond), c’est hors-champ que murissait leur relation, et l’on ne devait le retour du couple à l’écran que pour… une histoire de cul. Jusqu’aux adieux des braqueurs à leurs proches, dilués dans le process narratif dans une courte séquence par un montage parallèle, c’était ainsi tout le modus operandi du film de braquage qui voyait ses cartes redistribuées de façon échevelée, avec ce leitmotiv qu’il fallait retenir l’attention passionnée du spectateur jusqu’au 20 dernières minutes d’un climax nourri à l’agressivité et l’efficacité de son montage (les plan alternant le sas et son absence de son, avec l’extérieur où rugissait une fusillade).

Outrageusement recommandable.

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