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Réalisé par John Brahm en 1944 (et remake d’un Hitchcock que ce dernier mis en scène en 1927), The Lodger figure parmi les plus talentueuses transpositions à l’écran de celui que la presse britannique surnomma Jack l’éventreur.
A l’image de ce qu’entreprendra 24 ans plus tard Richard Fleischer sur la seconde partie de L’Etrangleur De Boston, John Brahm privilégiait l’angle de l’introspection psychologique du boucher de Whitechapel en évacuant tout questionnement du spectateur quant à son identité (dévoilée très rapidement), prenant à revers le schéma qui sera généralement établi dans les futurs films évoquant l’éventreur.

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Pour autant, la grammaire du suspense de The Lodger était une telle réussite que malgré l’absence de whodunit, l’intérêt dramatique du film ne décroissait pas et trouvait même ses plus beaux pic d’angoisse dans ce procédé qui suggérait l’abomination des crimes perpétrés par l’éventreur. Pourtant filmé hors champ, il n’y avait donc pas un meurtre qui ne mette à contribution le cortex du spectateur dont on retiendra, à propos de l’un d’entre eux, l’emploi d’une caméra subjective dans la semi-obscurité du lieu de l’action, s’abattant de façon heurtée sur une victime muette de peur.
Influencé par toute la dialectique découlant de l’expressionnisme Allemand, John Brahm faisait s’exprimer dans une esthétique parfaite (et cet impressionnant brouillard Londonien*, entre autres), une angoissante mais envoûtante atmosphère qui tirait son film vers les cimes du genre fantastique.

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Nourri par une mise en scène imaginative, d’audacieux cadrages et une opposition constante entre l’ombre et la lumière qui prenait sa signification dans cette autopsie de la dualité intérieure d’un serial-killer attaché aux croyances de la Bible, dont l’interprétation de Laird Cregar faisait passer toute la symbolique. Laird Cregar, tout simplement monumental dans le rôle de l’éventreur, sorte de Dr Jeckyll & Mr Hyde qui, entre innocence et perversité, allait laisser définitivement tomber son masque dans un exceptionnel final. S’appuyant sur un travelling avant et le talent de son acteur, John Brahm dévoilait à la police de Scotland Yard et aux londoniens l’identité de leur cauchemar tandis que le spectateur, déjà au fait depuis fort longtemps de cette divulgation, assistait à la transformation d’un homme en bête sauvage.

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Et puis flûte, après tout, vous me permettrez bien d’affirmer que The Lodger est finalement LA plus talentueuse des adaptations à l’écran, qu’aura connu Jack l’éventreur.

* artificiel toutefois, The Lodger ayant été tourné en studio.

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