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En 1972, Roy Thomas et Gil Kane inauguraient les débuts de la série Marvel Premiere en réintroduisant deux personnages imaginés par Stan Lee & Jack Kirby dans les années 60, Le Maitre De L’Evolution (The Mighty Thor #134) et Him (Fantastic Four #66-67), pour croiser la conclusion des histoires dans lesquelles ils apparurent pour la dernière fois afin d’en tirer un récit (presque) original (respectivement, Tales To Astonish #96 et Thor #166).
L’épisode intitulé « And Men Shall Call Him… Warlock ! «  (Marvel Premiere #1) débutait ainsi avec Le Maitre De L’Evolution comme un prolongement direct de ses interventions dans la série Tales To Astonish.
Désormais capable de faire évoluer toute forme de vie, minérale, terrestre ou animale, sans avoir recours au mutagène qu’il créa jadis, Le Maitre De L’Evolution développait l’idée de créer une Terre sur la même orbite que la notre (sauf qu’à son exact opposé par rapport au Soleil), sur laquelle serait éradiquée toute émanation du mal.
Tandis qu’il élaborait les derniers contours de son projet, Le Maitre De L’Evolution recueillit dans son satellite un cocon astéroïde contenant en son sein Him, un humanoïde aux gênes parfaites créé par une équipe de scientifiques sur Terre, qui fuya dans l’espace après un combat mortel contre Thor (The Mighty Thor #166).

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Fasciné par cette création sans égale, Le Maître De L’Evolution exposa à son hôte le plan de son œuvre et s’attela, durant 7 heures, à la création de la « Contre-Terre ».
Harassé par cette entreprise, Le Maitre De L’Evolution tomba dans un profond sommeil, profitant ainsi au retour d’une de ses expériences passées et bannies : L’Homme-Bête.
Pour se venger de son exil forcé (Thor #135), L’Homme-Bête corrompait la Contre-Terre des racines du mal avant d’affronter son créateur. Vaincu, Le Maitre De L’Evolution ne dû son salut qu’à l’intervention soudaine de Him qui, dans un sursaut de conscience, repoussa les assauts de L’Homme-Bête et ses sbires. Moralement touché par les événements qui souillèrent sa création nouvelle, Le Maitre De L’Evolution décida de détruire la Contre-Terre mais fut retenu dans son geste par Him, qui se porta volontaire pour éliminer l’Homme-Bête et ainsi éradiquer de la surface de la Contre-Terre, toute forme de violence.
Convaincu par ses mots et projetant en cet être parfait le fils qu’il rêva d’avoir, Le Maître De L’Evolution apposa au front de Him une des gemmes de l’infini en guise de protection et, précipitant son corps sur la Contre-Terre, le baptisa… Warlock !

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S’il y’a bien un truc qui embarque à la lecture du numéro 1 de Marvel Premiere, c’est la manière dont Roy Thomas explorait les origines des personnages principaux, élevant celles de l’un au rang de figure cosmique divine (Le Maitre De L’Evolution) pour remodeler celles de l’autre (Warlock), avec ce mécanisme narratif qui lui permettait de prendre ses distances avec l’univers mainstream de Marvel, depuis ces influences qui définissaient le socle de son histoire.
Empruntant à Kirby la mythologie des New Gods, aux Pythagoriciens le concept de la Contre-Terre, et dans le sillage du succès initié par la comédie musicale Jesus Christ Superstar (!), Roy Thomas revisitait l’Evangile avec le muscle qu’il nous fallait.

MarvelPremiere1-11Dans Marvel Premiere #2 et l’épisode titré « The Hounds Of Helios ! », Warlock, échoué quelque part dans le désert californien, rencontrait ses apôtres quatre jeunes qu’il allait embarquer avec lui dans sa mission de sauvetage de l’humanité.
Avec ces illustrations dont certaines cases n’auraient pas dépareillés dans les pages d’un Metal Hurlant (Gil Kane oeuvrant à merveille dans côté SF-Punk des Ani-men, notamment) et ce détonateur à l’action, échappé du schéma d’un épisode de… Goldorak (très sérieusement!), « The Hounds Of Helios ! » ne faillait pas dans de le redéploiement de la mythologie des super-héros, suggérant un avenir prometteur au personnage de Warlock, désormais affublé du prénom d’Adam.
3 mois plus tard, tandis que Marvel Premiere continuait d’enchainer les numéros avec des personnages modernes ou passés, avec plus ou moins de bonheur , Adam Warlock réapparaissait dans sa propre série intitulé sobrement, The Power Of… Warlock.

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Demeuré aux commandes un numéro durant, Roy Thomas céda l’écriture du titre à Mike Friedrich, dès le deuxième volet des aventures d’Adam Warlock, non sans omettre de dégager les grandes lignes d’une feuille de route allégorisant les textes bibliques.
Ainsi, le final de « The Day Of The Prophet » ouvrait une voie somme toute royale à Mike Friedrich, qui dès son introduction dans la série, animait le premier affrontement entre l’Homme-Bête et Warlock, (sous les dessins de John Buscema qui remplaçait à cette occasion Gil Kane), comme tout droit sorti d’un chapitre de l’Apocalypse selon St Jean (« Count-Down For Counter-Earth! », The Power Of Warlock #2).
Tout en prolongeant l’idée originelle de Roy Thomas au travers du détail symbolique (comme cette première planche de « Apollo Eclipse ! » dans …Warlock #3), Mike Friedrich s’enorgueillissait de développer les Red Richards et Victor Von Doom de la Contre-Terre (dont l’idée fut introduite par Thomas & Kane dans Marvel Premiere #2), donnant à l’un un alter-ego maléfique (La Brute) et faisant de l’autre, un scientifique pacifiste. L’on relèvera toutefois que dans cette entreprise, Friedrich fut épaulé par l’auteur de science-fiction Ron Goulart (chapeauté par son ami Gil Kane), ce dernier étant même crédité seul, au script, dans …Warlock #5, dans un épisode qui évoquait la manipulation des masses par le pouvoir.

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Faute d’avoir trouver son public (ou comment pudiquement évoquer « le bide »), The Power Of Warlock terminait sa course au numéro 8, et cette dernière planche révélant que le président de la Contre-Terre était en réalité l’Homme-Bête (ou quand Marvel attribuait un visage politique à l’antéchrist, avec des années d’avance sur le cinéma).
Désormais au dessin depuis …Warlock #6, Bob Brown concluait donc la série d’une case opposant Warlock à sa nemesis, et à Mike Friedrich de fermer définitivement le ban sur ces mots : « This particular clash will be concluded… Sometime, somewhere in the Marvel universe (…) ».

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Quelques 8 mois plus tard, Warlock allait poser ses valises dans la série The Incredible Hulk (des numéros 176 à 178) conduite par Gerry Conway et Herb « Ugly » Trimpe, sous les ordres d’un Roy Thomas qui devait se traîner une charrette de pêchés -grosse comme ça- à se faire pardonner, puisque ces épisodes calquait les derniers jours de Warlock, de sa crucifixion (et cette phrase géniale adressée au Maitre De L’Evolution : « High Evolutionary… Why have you abandoned me? ») à sa résurrection, sur ceux de Jésus-Christ (jusqu’à reprendre cet instantané de La Cène avec… Hulk !!!!).
Adjugeons toutefois qu’il s’agissait là d’une généreuse idée de la part de Roy Thomas, le personnage de Warlock étant désormais devenu une puissance mystique et quasi-divine, sujet possible à toutes les élucubrations, pour peu qu’un auteur digne de ce nom ne s’entiche d’un tel personnage.

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6 mois passérent, et Adam Warlock ré-apparaissait dans les pages de Strange Tales #178, sous la plume de Jim Starlin…

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