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Une grande demeure quelque part à la campagne, le comportement de ses occupants mis à mal par l’isolement, une terrible secret caché derrière une porte, des phénomènes étranges… Pas de doute c’est bien un film de maison hantée que réalisa Dan Curtis en 1976, inédit en salles chez nous mais diffusé lors de l’illustre festival du film fantastique et de SF de Paris, qui permit notamment à l’actrice principale Karen Black d’y remporter le prix d’interprétation pour ce Burnt Offerings.
L’histoire ? Classique ou presque : une famille, les Rolf (Oliver Reed, Karen Black, Bette Davis et le jeune Lee Montgomery), louent pour l’été une immense maison à un étrange couple (Burgess Meredith et Eileen Heckart), dont les seules consignes seront d’apporter un soin tout particulier à l’entretien des lieux et de livrer, chaque jour, son repas à la propriétaire du domaine recluse au dernier étage. Mais au fur et à mesure que les idylliques vacances des Rolf se déroulent, la personnalité de chaque membre de la famille semble s’altérer de façon néfaste…

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Du « classique ou presque » ai-je écrit, parce que si le pitch de Burnt Offerings réemployait les artéfacts du film de maison hantée (isolement, famille, demeure architecturale, entre autres), il était privilégié à la classique batterie de séquences paranormales, la métamorphose subie par les personnages au contact de la maison, introduite avec intelligence et lenteur, comme catalyseur de ses manifestations démoniaques. Au coeur du film pendant plus d’une heure, les comportements humains (désir, violence, mensonge..) nourrissaient la pellicule en même temps que la maison vampirisait ses occupants, comme terreur expérimentale.

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Avec cette longue mise en place d’introspection psychologique où était donc absente les incidents heurtant généralement les films de fantômes, Dan Curtis se faisait s’installer la sinistrose en regard des événements vécus par ses personnages, et injectait en quelques occasions des images de cauchemars (le trauma d’Oliver Reed) ou des séquences d’épouvantes de haute volée (la projection mentale de ce même trauma dans la chambre de Bette Davis), annonciatrices de l’horreur de fin de film qui allait, lui, balayer cet happy-end, ou autre fin ouverte, accompagnant trop souvent , dans leurs conclusions, les films de maisons hantées.

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Même si Burnt Offerings n’allait pas offrir de conséquent suspense aux habitués du genre (même les non-amateurs découvriront rapidement l’origine du mal avec son final fortement emprunté à Psychose), il était difficile de rester insensible à la façon dont Dan Curtis confrontait l’inexplicable au réalisme de ses personnages, d’autant que sa direction d’acteur se révélait excellente et que l’utilisation, parfois à contre-emploi, de leur physique s’avérait une riche idée (voir le personnage d’Oliver Reed, à la silhouette si massive mais totalement impuissante en film de film).

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En définitive, s’il vous manquait un inédit du genre dans votre dvdthèque, Burnt Offerings ferait assurément belle figure dans l’emplacement vide.

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