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En 1946, soit au début de sa période Américaine, Robert Siodmak réalisa The Spiral Staircase, un thriller qui exploitait le courant du film noir dont la tendance d’alors reposait sur l’exploration psychologique de ses criminels amorcé avec des films tel que Leave Here To Heaven de John Stahl et de cette introduction dans le genre de l’expressionnisme Allemand, dont Siodmak fut justement l’un des précurseurs (Phantom Lady).
Un style qui avait d’ailleurs fait des merveilles d’efficacité dans le domaine de l’épouvante sur The Lodger par exemple, et qu’allait réinjecter avec la même réussite Robert Siodmak dans cette histoire de tueur psychopathe qui assassinait des jeunes handicapées…
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Si, au cinéma, j’ai peu de mal à réunir mes souvenirs à propos des victimes atteintes d’un handicap oculaire (Wait Until Dark, See No Evil, Jennifer 8), je crois qu’en dehors du récent Témoin Muet, aucun autre film que The Spiral Staircase ne confronte une victime muette à un serial-killer. Toujours est-il qu’ici, l’handicap du personnage principal allait servir formidablement le film dans son dispositif de la peur, à partir d’une géniale scène illustrant le passage d’une réalité exaltante au cauchemar le plus angoissant. D’ailleurs, cette métamorphose du quotidien d’une route de campagne, à l’horreur esthétisante d’une obscure forêt dans laquelle s’enfonçait l’héroïne, rappelait une autre séquence, animée celle-là, en provenance directe du Blanche Neige & Les Sept Nains de Walt Disney.
Visuellement saisissante, on relèvera cette silhouette menaçante et voyeuriste se détachant subrepticement de la nature dans des plans quasi-subliminaux, accentuant l’oppressante terreur qui s’abattait sur la jeune fille.

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Il y’avait d’ailleurs dans chaque apparition du tueur quelque chose issue du cinéma fantastique, indicible menace dont le regard (point de vue du meurtrier sur ses victimes) révélait, dans une sorte de halo, l’handicap de ces dernières. Dans l’immensité d’une demeure familiale au sein de laquelle allait s’articuler un classique huis clos, Robert Siodmak se faisait s’exercer son potentiel horrifique par une habile progression de l’angoisse et du suspense, renforcé par le fait que son personnage principal se trouve dans l’incapacité de fuir ou de prévenir le monde extérieur (toute la détresse et fragilité du personnage interprété par Dorothy McGuire trouvant notamment leur signification lors de cette scène où celle-ci tente de joindre les secours).
Usant de cette notion d’enfermement pour mieux explorer les contours psychologiques de ses personnages sur lesquels reposait également le suspense de son film, Siodmak convoquait la peur par un jeu de fausses pistes et l’incertitude des apparitions du tueur.

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Grosse sensation que ce The Spiral Staircase donc, que ne viendra même pas handicaper la naïveté des propos psychanalytique de son sujet. Quoique l’on puisse d’ailleurs penser de l’inégalité de l’ensemble de l’œuvre de son auteur, la Siodmak’s touch avait encore frappé.
Vous n’y réchapperez pas.

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