Articles Tagués ‘cfury’

vlcsnap-00148

…Ou une histoire de tueur en série dans l’Amérique sudiste d’après-guerre, réalisé en 1976 par Charles B. Pierce, routier du cinéma d’exploitation (et de l’écurie AIP ) et prétendument inspiré de faits réels, mais dont la production aura surement été motivé par les agissements d’alors du fameux Son of Sam.
Toujours est-il que l’histoire raconte, elle, la traque du phantom killer par les autorités et notamment le Capitaine Morales, « the most famous ranger in the history of Texas », dixit une réplique du film, qui allait remuer ciel et terre pour coller une balle à ce sadique meurtrier qui terrorisait tout le sud des états-unis à la fin des années 40.

vlcsnap-00181

Les faits, l’histoire, les agissement du tueur, son look, rappelera au bon souvenir de Zodiac (déjà coupable de certaines accointances avec des films réalisés par Richard Fleischer –L’Etrangleur De Boston– et Alan J. Pakula –Les Hommes Du Président– auquel il faudra désormais rajouter ce The Town That…), capable d’alternance calculée entre sèche tension et grotesque (comme… Zodiac!) et de créer des séquences anachroniques échappées de ces films traitant de l’Amérique de la Grande dépression (souvent produit par Z. Arkoff d’ailleurs), sur fond de passages comiques.

vlcsnap-00166

Ce n’était d’ailleurs pas tant que les meurtres perpétrés par le tueur débordaient d’hémoglobine comme dans un slasher (victimes principalement abattus au revolver), mais voilà il y’avait du réalisme macabre dans les situations filmées par Charles B. Pierce qui vous faisaient parcourir un petit queque chose de malsain, même lorsque le phantom killer s’adonnait à des agressions aux moeurs particulières (le trombone…).

vlcsnap-00151

Pas de boulimie de « messages », les motivations du tueur nous étaient inconnues quand bien même l’intervention d’un psychologue auprès du Cap. Morales tentait vaguement la justification de l’intrigue à base de petit manuel du tueur en série, mais la conduite de l’histoire par B. Pierce était assez hardie, relevée par une superbe photo de Jim Roberson (la séquence sous la pluie, par exemple) et une interprétation sans bavures de Ben Johnson, tout particulièrement, qui trainait sa carcasse Fordienne (son arrivée dans la ville en chemin de fer pose déjà la note d’intention de B. Pierce), un très bon Andrew Prine en shérif local collaborant avec son homologue légendaire et un phantom killer donc, dont on ne verra jamais le visage, mais aux apparitions hors norme pour le spectateur.

vlcsnap-00155

Excellent film que ce The Town That Dreaded Sundown (et l’on retient son souffle à la prononciation du titre).

Publicités

vlcsnap-00001

Co-fondateur, dans le milieu des années 80 aux côtés d’un certain Leonard Shapiro, de Shapiro-Glickenhaus Entertainment, James Glickenhaus mettait à sa disposition un solide budget pour attaquer son quatrième film, et s’offrait le luxe de débaucher un baroudeur du cinéma US comme Sam Elliott mais, surtout, Peter Weller, alors fraîchement sorti de son succès et rôle de Murphy dans Robocop. Faiseur de série B ayant passé au crible des sujets aussi divers et variés que ceux ayant traversé The Exterminator, Le Soldat ou Le Retour Du Chinois, James Glickenhaus, en cette fin des années 80, associait ses deux stars à l’affiche d’un buddy-movie ayant pour toile de fond la corruption policière.

vlcsnap-00006

Chargé de prouver l’innocence d’un dealer invoquant l’état de légitime défense suite au meurtre d’un policier de New-York, la piste de l’enquête menée par l’avocat Roland Dalton (Peter Weller) révélait que la victime n’était autre qu’un « blue jean cop » : sobriquet donné à des policiers véreux, organisés autour d’un système de racket des dealers.
Associé à Richie Marks (Sam Elliott), un flic des narcotiques aux méthodes borderline, Dalton plongeait dans les arcanes de la nuit New-Yorkaise et découvrait un monde mafieux dirigé par les « blue jean cop » et un petit baron de la drogue, Nicky Carr (Antonio Fargas)…

vlcsnap-00033

De mémoire, depuis l’association du buddy-movie avec celui du polar urbain, c’était la première fois que le genre rompait avec la routine de son archétype (duo porteurs de badge ou binôme truand/flic) pour se faire cohabiter la matière grise (Peter Weller) avec les muscles (Sam Elliott), et de façon truculente prendre à revers l’idéologie courante de la décennie Reaganienne, en faisant de Peter Weller un jeune avocat blanc commis à l’aide judiciaire, bien décidé à faire tomber une partie de la police New-Yorkaise et innocenter un dealer de drogue, noir de surcroît. A charge de Sam Elliot (excellent), d’incarner l’Amérique du déclin, marginale, paupérisé.

vlcsnap-00004

Derrière cette représentation plutôt à contre-courant des héros de buddy-movie des 80’s, James Glickenhaus profitait de l’épaisseur de son enveloppe budgétaire pour livrer quelques séquences spectaculaires, dont un morceaux de bravoure bien nerveux en plein New-York, qui débutait par l’électrocution d’un témoin gênant dans un club SM, et finissait par la sortie de route explosive d’une voiture de police après une course-poursuite en bécane (d’où jaillissaient des plans de doublures foireuses de Weller et Elliott). Au milieu, un grand noir au physique d’armoire à glace dessoudait, en toute gratuité, au pistolet-mitrailleur, des badauds amassés sur la 42nd.

vlcsnap-00011

Inspiré dans la façon de filmer Big Apple, avec ce gimmick d’étaler un maximum de titre de séries B à l’affiche de ses cinémas (idée déjà à l’honneur dans certains plans de The Exterminator), et toujours à l’aise pour balader sa caméra dans des quartiers crapoteux, il n’y avait que le final déconnecté (et ses incrustations pourries) et pourtant si symptomatique de ce que pouvait illustrer de pire le genre, pour nous rappeler que les excès des années 90 n’était pas loin de cogner à la porte.

vlcsnap-00030

Image
Du vide laissé par la CANNON au parcours bâtard de NU IMAGE vers MILENNIUM FILMS, PM ENTERTAINMENT (studio qui n’aura jamais aussi bien porté son appellation) aura durant les années 90 totalement satisfait le spectateur de la vidéo d’action ou celui en recherche d’émotions fortes et de testostérone le temps d’une soirée de merde (en solo, la bite à la main). Et parce que cette perspective guette parfois nos week-ends (la recherche d’émotions fortes et de testostérone, bien sûr), il est vivement conseillé de se jeter sur Rage, réalisé par Joseph Merhi, et qui raconte comment la vie sans histoire d’Alex Gainer (Gary Daniels), instituteur dans une école primaire, allait basculer dans une histoire mêlant sérum de super-soldat, trafic de clandestins, CIA et 4è pouvoir. Transformé en machine à tuer par l’Armée parce que jugé plus résistant que les précédents cobayes humains utilisés jusqu’alors, Gainer parvient, au terme d’un carnage, à prendre la fuite. Déterminé à faire éclater la vérité sur les agissements obscurs du gouvernement, Alex Gainer devient l’homme le plus recherché de Californie…

vlcsnap-00049

Depuis les bases d’un scénario qui interpénétrait science-fiction, film de complot, satire des médias (une grande spécialité de la maison Pepin et Merhi, ici sous influence de Piège De Cristal) jusqu’à flirter avec les lignes du drame social en évoquant le problème des immigrés clandestins et les méthodes fascistes des autorités à leur égard (!), Rage ne donnait pas seulement l’impression que le rythme était fou sur le papier, à l’écran il appartenait aux séquences d’action d’imposer la structure du film, de ramener le spectateur à l’évidence d’un genre et de ridiculiser la ritournelle de 3 lettres héritée de la fin du marché vidéo à papa et du bouleversement du mode de production des majors. Emmené par une anthologique course poursuite (exemple canonique du savoir faire PM) se déroulant sur une autoroute et mettant en scène un Gary Daniels hors de contrôle à bord d’un poids-lourd qui dévastait tout sur son passage (avec en prime du clin d’oeil comme l’on en fait plus à Smokey & The Bandit!), Rage disposait pendant 1H30 de l’attention du spectateur, désormais sous contrôle, halluciné par l’exercice qui le conviait au fameux… stimulus physique.

Image
Malgré cette approche non-sensique du genre, Joseph Merhi ne cherchait aucun débordement dominé par l’ère du tout-vidéo clip dans sa réalisation, beaucoup plus dans l’efficacité hypertrophiée des enchainements de ses séquences d’action (la course poursuite qui en mettra plus d’un sur les rotules donc, mais aussi la longue séquence à base de SWAT et d’hélicoptère cherchant à dégommer Gary Daniels sur le toit d’un immeuble) à un final homérique se déroulant dans un centre commercial (avec pleins de jolis cascades) d’où surgissait la… stylisation du méchant qui clopait derrière un manège sur fond de ralenti (pas été vérifié depuis leur année de production respective, mais il me semble que ces inserts dans le montage de cette ultime séquence de Rage imitait le début de Volte-Face), moment d’épate dispensable (même si pas trop mal fichu), dans un film qui avait jusque là bien digéré le jeu des références.

vlcsnap-00051
Il reste que Rage avait quoiqu’il en soit gagné sur toute la ligne, celui du mérite, déjà, pour Joseph Merhi qui avait réalisé l’un de ses films les plus réussi dans son habit de mécano du cinéma d’action, et puis celui de nous avoir redonné foi en l’honnêteté de la presse , la justice, le courage : l’individu.

Image
Une tuerie.

vlcsnap-00062

Dans la vie de Miles Cullen (Elliot Gould), c’est l’encéphalogramme plat. Employé de banque d’un établissement niché dans un centre commercial de Toronto, vieux garçon à la vie sociale dissolue, on ne lui connaît aucune aventure ou relation amoureuse, sauf à entretenir une passion pour… les poissons exotiques.
Un jour, tandis que semble se profiler une journée classique de travail, il tombe sur un étrange message inscrit sur le volet d’une remise de chèque : « The thing in my pocket is a gun. Give me all the cash ». Très vite, il comprend qu’un hold-up va avoir lieu et relève l’étrange comportement d’un individu déguisé en père-Noël. Pourtant, Cullen décide de ne pas avertir les autorités et, le lendemain, alors qu’une grosse somme d’argent vient d’être déposée en banque, c’est le père noël gangster en personne, cette fois-ci, qui lui tend la sommation. Mais au lieu de lui remettre la totalité de la caisse, Cullen n’abandonne que la somme de 2 000 dollars, avant de donner l’alarme.
Prenant la fuite, puis apprenant aux infos que le montant du butin dérobé s’élève à 50 000 billets verts, le braqueur, Harry Reikle (Christopher Plummer), un psychopathe aux tendances sadomasochistes, saisit qu’il vient de se faire piéger par Cullen, désormais nouvelle vedette locale…

vlcsnap-00065
Premier film produit par les futurs patrons du cinéma d’action, Mario Kassar et Andrew Vajna, écrit par un Curtis Hanson alors âgé d’un peu plus de 30 ans, et réalisé par un spécialiste de la série TV, Darryl Duke (Les Oiseaux Se cachent Pour Mourir… et oui!), The Silent Partner est un de ces thrillers articulé autour du schéma classique d’un drôle d’événement irruptionnant dans la vie d’un anonyme discret, et que les conséquences pousseront à sortir de sa carapace.
A l’ordinaire d’un pitch souvent mis à l’épreuve au cinéma, Curtis Hanson, plutôt que de s’en tenir à la compartimentation du genre de son histoire autour des deux acteurs principaux du film, développait toute une galerie de seconds rôles évoluant au milieu d’un jeu de tromperie auquel s’adonnait Elliot Gould et Christopher Plummer, intensifiant et entrecroisant leur rapport, bien au-delà de la relation d’argent entretenu par les deux hommes.
C’est d’ailleurs avec ce modèle de scénario et de conduite de récit qu’est The Silent Partner que l’on saisit mieux la réussite produite par Hanson depuis le roman de James Ellroy*, avec L.A. Confidential, 20 années plus tard.

vlcsnap-00074
Au privilège de tenir entre ses mains un excellent scénario, Daryl Duke ne manquait pas d’y jeter son objectif sous son dévolu, à l’aise dans tous les axes de l’histoire (l’introduction de la love affair entre Elliott Gould et la très jolie Celine Lomez), et animé par un sens certain du tempi pour rythmer une tension bien nourrie avec action nerveuse (mettant d’ailleurs souvent à l’honneur un Christopher Plummer comme vous ne l’aurez sans doute jamais vu, au cinéma).

vlcsnap-00082

Pas non plus à court de ces petits mouvements de caméra qui draguaient le spectateur au bon moment (peut être vous surprendrez-vous aussi à lâcher un « Putain, c’est génial ! », sur ce zoom progressif sur le visage d’Elliot Gould, où semblait se confondre mille question au milieu de l’effervescence de son lieu de travail, avant qu’il ne prenne le courage de tromper Christopher Plummer), et jouant des mécanismes du suspense avec adresse (le jeu de poker menteur est au coeur de la relation de tous les personnages du film), Daryl Duke, pour une première au cinéma, réalisait avec The Silent Partner, une bien belle sensation qui n’avait rien d’un exercice de style.

vlcsnap-00069
Un plan qui se déroulait sans accroc, en somme.

*The Silent Partner était d’ailleurs inspiré d’un roman danois intitulé « Think Of A Number ».