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… Ou les débuts, au beau milieu des 70’s, du jeune George Pérez qui succédait ainsi à Rich Buckler (Buckler n’étant autre que l’homme qui l’intronisa à Marvel à cette même période) sur le titre de la famille « Fantastic », sous la supervision d’un autre fantastique, de chair et d’os celui-là, Roy Thomas.
Une première pour le rookie Pérez qui démarrait fort avec le numéro 164, dans lequel ses dessins se faisaient s’affronter Quasar aux Fantastiques, et dans lequel Roy Thomas libérait les lecteurs affectés par le traumatisme collatéral du découvert bancaire et du système capitaliste.
It ain’t no joke!

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Dans ce numéro, l’on découvrait donc Quasar (ex-Marvel Boy), mettant à sac New York de tous les emblèmes financier de l’empire du meurtrier de son père dans une croisade destructrice, sur laquelle allait se dresser nos quatre héros.
Si les dessins de Pérez étaient encore loin d’atteindre la maturité de son futur chef d’œuvre (Crisis On Infinite Earths), il semble dur de rester insensible à la représentation d’un Quasar totalement halluciné, rongé par le désir de vengeance et lâché comme un fauve dans les rues de New York. On relèvera notamment, à une première confrontation face à la torche humaine (Quasar : 1 – Torche : 0), un monstrueux combat contre la Chose dans l’enceinte d’une banque dans ″The lights of other worlds!″ (FF#165), aussi furieusement dessiné par le talent de George Pérez que sublimé par l’encrage du formidable Joe Sinnott.

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Dans le numéro suivant intitulé
″If it’s Tuesday, this must be the Hulk!″ (FF#166), Vince Colleta remplaçait Joe Sinnott à l’encrage, dansun essai qui ne s’avéra pas gagnant pour George Pérez. Au lecteur d’éprouver l’échec d’une combinaison non-concluante, malgré une histoire forte intéressante où les FF, sur ordre de l’armée, étaient chargés de capturer Hulk afin de tester une solution curative aux effets gammas.
Lointainement influencé par un épisode de Stan Lee et John Buscema (″Battle of the behemoths″, dans lequel Red cherchait à contrôler la mutation de la Chose avec l’aide… du geant vert !), Roy Thomas associait les deux freaks les plus connus de l’univers Marvel, pour notre plus grand plaisir et… le plus grand malheur de la population terrestre !

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Alors que l’épisode suivant voyait le retour aux affaires de Joe Sinnott, la satisfaction était désormais totale de voir les mousquetaires de cette équipe créatrice (Thomas-Pérez-Sinnott) à la barre d’une des plus excitantes collaborations digne du Marvel team-up, face au désormais… 3 fantastiques !
Ce qui fascinait, c’était une fois de plus la façon qu’avait Roy Thomas de faire occuper autant de dialogues dans les illustrations de George Pérez, avec ce sens régulier du rythme et de l’action dans lequel il trouvait toujours comment -et où- alimenter une imprévisible trouvaille qui allait faire trépigner d’impatience le lecteur jusqu’au prochain numéro.
Et à la fin de ″Titans two!″, l’interrogation de ce dernier au sujet des violents maux de tête secouant la Chose durant tout l’épisode, allait enfin trouver sa conclusion : sous l’effet des radiations gammas s’échappant du corps de Hulk, la Chose allait redevenir Benjamin J. Grimm.

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Alors que Rich Buckler reprenait du service pendant deux numéros dans lesquels Power-Man remplaçait la Chose, il était confié à George Pérez de faire revivre le musculeux corps de briques du neveu préféré de tante Pétunia, dans ″A sky-full of fear!″.
Et ce, de façon plutôt insolite…

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Afin d’opposer à Power-Man (désormais sous le contrôle du Maitre des Maléfices) un adversaire de sa puissance, Mister Fantastic mettait au point un endo-squelette à l’apparence de la Chose, pour que Ben puisse réintégrer l’équipe et empêcher Luke Cage d’assouvir les pulsions malfaisantes de Philip Masters.
Sans doute prometteuse dans l’esprit de Roy Thomas et George Pérez, la confrontation entre les deux ex-gamins de la rue allait tourner court. Pour trois ou quatre cases d’échanges de coups de poings, l’essentiel de ce numéro était de fêter le retour de ce vrai-faux la Chose, et de préparer le lecteur à celui des Fantastiques, dans l’espace, autour de l’arc mettant en scène le Maître de l’évolution et Galactus, dessiné par John Buscema, 5 numéros durant.

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C’est ainsi qu’en même temps que George Pérez retrouvait ses pinceaux pour le titre lors du numéro 176, débarquait sur Terre… L’Homme Impossible !

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Parce que vous avez sans doute reconnu les dessins de Jack Kirby illustrant ce numéro 176 des Fantastiques, il est de ces artistes pouvant parfois influencer le cours d’une histoire. Et qui d’autre que le King allait bouleverser, en une planche, celle qu’écrira Roy Thomas pour le come-back sur notre sol du plus insupportable extra-terrestre de tout l’univers Marvel ?
Après que Ben Grimm ait récupéré ses pouvoirs à la suite d’un rayon cosmique qu’il encaissa de Galactus (et devenant ainsi plus puissant qu’auparavant), et que l’univers tout entier ait été sauvé du dévoreur de planètes par L’homme Impossible, nos désormais 5 héros, en pénétrant dans l’atmosphère terrestre avec le vaisseau du Maitre de l’évolution, perdaient son contrôle et s’écrasaient en plein Central Park.
Et c’était précisément à ce moment, que la page de couverture dessinée par le King allait permettre à George Pérez de briller dans une histoire extravagante et pleine d’humour se déroulant dans… les locaux de la Marvel !

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A l’origine, Roy Thomas sollicita Jack Kirby pour qu’il illustre la couverture du #176 avec L’homme Impossible (personnage qui fit sa première apparition sous son crayon dans FF #11) en lui rapportant les grandes lignes de son histoire (alors que les FF tentent de rejoindre le baxter building, L’homme Impossible profite de la situation pour faire du tourisme à Manhattan…) et en lui définissant les contours d’une l’illustration sur laquelle le fantasque extra-terrestre devait affronter la Chose et la Torche, en frappant, l’un, du poing et en foudroyant, l’autre, d’un rayon.
Quelques jours plus tard, le King livra la planche à Roy Thomas qui n’en croyait pas ses yeux. L’on y voyait L’homme Impossible frappant la Chose avec le marteau de Thor et dévastant la Torche avec les rayons répulseurs d’Iron Man, dans un endroit où l’on distinguait des revues et des planches de comics évoquant les bureaux du… Marvel Comics Group.
Il n’en fallait pas plus au cerveau de Roy Thomas pour exploiter l’idée de Jack Kirby et de demander à George Pérez de déplacer l’action de l’histoire dans l’immeuble même de la maison aux idées…

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Diaboliquement effréné et drôle (les FF s’employant de ramener à la raison L’Homme Impossible, vexé par le refus de Stan Lee à vouloir lui accorder sa propre série !), l’on imagine la fierté du jeune George Pérez à dessiner ses employeurs, et surtout idoles, dans une aventure non-sensique qui allait s’achever sur un cliffhanger trépidant : les Terrifics avaient pris quartier du Baxter Building!

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Dans le numéro 177, les Terrifics, à la recherche d’un quatrième membre, allait faire passer un casting de vilain au sein même du Baxter Building. Au milieu de pseudos super-vilains (dont un Captain Ultra, doté d’une force surhumaine mais allergique… au feu), se côtoyaient Thundra (ex-Terrific qui tomba plus ou moins sous le charme de la Chose, dans l’excellent épisode de Thomas & Buscema, ″Battleground : Baxter Building″ FF #130), Texas Twister (un nouveau héros, dont l’introduction n’était sans doute motivé que pour mieux jauger la température du lecteur à son égard), Tigra, mais surtout La Brute, horrible vilain sur lequel les épisodes suivants allaient s’articuler, son alter-ego n’étant autre que… Red Richards, double maléfique en provenance de la Contre-Terre.

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Passé la plaisanterie (d’ailleurs pas forcément très inspirée) du casting de méchant, ces épisodes voyaient notamment la perte des pouvoirs de Mister Fantastic et son remplacement par celui de la Contre-Terre, au terme du chaos d’un combat qui le verra envoyé dans la zone négative.
Pour George Pérez, le jeu des chaises musicales l’amena à assurer l’intérim de Sal Buscema sur Avengers (et les débuts de The Korvac Saga) tandis que ce dernier allait… s’occuper des FF !
A son retour, Pérez collaborait avec Len Wein désormais à l’écriture, Roy Thomas s’en allant rejoindre l’univers du Dieu du tonnerre.
Malgré les mésaventures d’un Red Richards sans pouvoirs, qui allait durement mettre à mal sa fierté d’homme et de chef des Fantastiques, les histoires écrites par Len Wein ennivraient trop peu (l’enlèvement de Franklin par les sorciers de Salem) pour que l’on retrouve l’énergie des dessins de George Pérez.
Mais parce qu’il n’était peut être question que de réglages entre les deux hommes, leur collaboration, bien que courte, allait toutefois accoucher d’épisodes plutôt riches en surprises…
To be continued…

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A l’origine imaginé par Roger Stern comme un spin-off (4 numéros s’étalant de septembre à décembre 1984) de l’histoire qu’il écrivit dans les numéros 251 à 254 de The Mighty Avengers (au coeur de ces épisodes, la Vision comme on ne l’aura jamais lu), The West Coast Avengers eu les honneurs d’une série régulière en octobre 85 sous la plume de celui qui revint aux affaires du Marvel Comics Group, 15 ans après en être parti : Steve Englehart.

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Comme s’il n’avait jamais quitté les bulles de ces héros qui lui étaient si familier par le passé, Englehart excluait tout round d’observation pour son retour et installait, dès le premier numéro, les grandes lignes tentaculaires de son run, affamant indiciblement le lecteur des futures multiples pistes de son titre.
« Teammates » (WCA #1) introduisait ainsi le surprenant retour de Hank Pym (avec ces promesses d’assister tôt ou tard à un débordement du personnage), ébauchait la dualité de femme et de féline qui secouait Tigra, ou disposait de la relation entre Hawkeye et Oiseau Moqueur dans des rapports de couple moderne. Et pour couronner le tout, à la conclusion de ce (riche) numéro, voyait l’enlèvement de Wonder-Man par Ultron 12, Goliath et Man-Ape sous les ordres du… Grim Reaper !!!

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C’est d’ailleurs très judicieusement que Steve Englehart allait lier les débuts de sa mini série The Vision & The Scarlet Witch aux deux premier épisodes de The West Coast Avengers, entrainant les deux titres sur 4 numéros qui levait définitivement le voile sur la filiation unissant Wonder Man, la Vision et le Grim Reaper.
Des numéros pour le moins réussis dans leur façon de romantiser les rapports entre les trois personnages (la séquence finale de « Brother » dans The Vision &… #2), d’aborder aveu et autres révélations (celles de Martha Williams sur ses deux fils dans WCA #2) et de définitivement assurer à la Vision son statut d’androïde ayant acquis ses galons d’humanité (quelle plus belle illustration que cette dernière case de The Vision & The Scarlet Witch #2 ou la Vision s’adresse à Wanda en concluant sa phrase d’un « …having a baby ? »).

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On notera ses dialogues issus de WCA #2, dans lequel le Grim Reaper étalait tout son racisme face à Nekra, mutante albinos :

– Don’t say that! You’re not black! You’re a white woman!
– You’re white… that’s all that counts! You’re unique… the purest white I’ve ever known!

Tandis que le troisième épisode des aventures des Vengeurs de la côte ouest (« Singleton ! ») mettait sous le feu des projecteurs Tigra et son affrontement contre Kraven (ou quand les illustrations d’Al Milgrom capturait la quintessence sauvage des deux personnages), et faisait débarquer la Chose dans ce qui constituera le running-gag de la série (à la recherche d’une sixième recrue, Hawkeye tentait de convaincre tant bien que mal Ben Grimm d’intégrer l’équipe), The West Coast Avengers #4 introduisait un nouveau méchant aussi haut en couleurs que puissamment mystique : Master Pandemonium !

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Dans ce numéro intitulé tout simplement « Master Pandemonium ! », Steve Englehart n’en finissait plus de déplacer ses pions sur l’échiquier de son début de run. D’un mystérieux coup de fil reçu par Hank Pym (désormais associé à l’équipe dans un rôle d’aide-scientifique) en passant par la rédemption télévisée de Wonder Man, jusqu’à ce mystérieux vilain qu’était Master Pandemonium (un sorcier capable d’invoquer des démons à chacun de ses bras !) qui s’en prenait à l’hôte imprévue des Vengeurs de la côte ouest (Firebird), c’était autant de sous-intrigues qui s’entrechoquaient dans un dispositif narratif qui allait très vite exploser dans un torrent d’action non-stop et de rebondissements.

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C’est donc, dès ses premières pages que l’épisode titré « Ins & Outs ! » (WCA #5), émancipait le rôle de leader d’Hawkeye (ce dernier étant furieux que Wonder Man ait publiquement révélé son passé de criminel) ou , toujours tourmentée par sa nature féline, accordait à Tigra le rôle de garce des super-héros (peu farouche, elle livrait lèvres et cuisses à Wonder Man et Hank Pym, en l’espace de quelques cases…).
Contrariée par les troubles comportementaux de sa co-équipière, Mockingbird embarquait avec elle les autres membres des Vengeurs de la côte ouest et trouvait un début de réponse aux crises d’identité de Tigra au domicile de Jack Russel, lycanthrope (et personnage créé par Gerry Conway dans les 70’s!) dont la malédiction entretenait un lien indirect avec les origines de Tigra : le peuple des hommes-chats !

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Plus inspiré par la version de Cat People de Paul Schrader que de celle de Jacques Tourneur, notamment à cause de l’érotisme suintant de certaines de ses cases (et non-sujet à la censure), Englehart avec « Quest For Cats ! », révélait les origines de Tigra avec cette célébration du culte féminin qui n’était pas sans rappeler (l’excellent) personnage qu’il créa dans les années 70, Mantis.
Désormais au fait de ses troubles identitaires, Tigra passait un deal avec le roi des hommes-chats : contre la vie de Master Pandemonium qui menaçait l’existence de son peuple, il l’exorciserait de sa part animale.
Parallèlement à l’aventure vécue par les WCA dans cet autre monde, l’on en apprenait plus sur les mystérieux coups de fils reçus par Hank Pym. Ultron-12 en crise d’affection demandait à son père et créateur, d’enterrer la hache de guerre !

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S’il fallait émettre un hit-parade des épisodes les plus marquants du run d’Englehart sur les WCA, « U, Robot ! » (WCA #7) occuperait sans doute l’une des plus hautes marches du podium auprès des lecteurs, tant en un seul numéro, et sous l’impulsion d’Ultron-12 (le bon) et d’Ultron II (le méchant), étaient bouleversés respectivement les comportements d’Hank Pym et de Wonder Man. Quelque peu bancal sur la nature réelle des motivation d’Ultron-12 et l’apparition inopinée d’Ultron-II, cet épisode demeurait malgré tout impressionnant dans l’action, et pertinent dans sa façon de replacer au centre des intérêts un personnage aussi mal-aimé que Hank Pym (ou plutôt mésestimé de nos jours) et pourtant si incontournable dans l’histoire des Vengeurs (bien que Roger Stern, quelques années plus tôt, ait réussit le même coup de maître).
Articulés autour de la traque de Master Pandemonium par les Vengeurs de la côte ouest, les épisodes suivants (et notamment « Hot Pursuit », WCA #9) nous en apprenait beaucoup plus sur ce mystérieux personnage aux cruelles origines.
Une nuit alors qu’il roulait à vive allure, la superstar hollywoodienne Martin Preston subit un grave accident qui lui amputa le bras droit. En échange de sa vie et de son bras droit, Preston offrit son âme à Mephisto qui arracha les bras d’un démon les greffer sur Preston.
Désormais en quête de 5 démons supposés contenir des parcelles de son âme, Martin Preston devint : Master Pandemonium.

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Si les connexions entre ce dernier et le peuple des hommes chats étaient encore nébuleuses, l’on savait désormais pour quelles raisons il voulait attenter à la vie de Firebird, soupçonné être un de ces 5 démons pouvant lui restituer son âme.
A l’issue d’une lutte acharnée contre Master Pandemonium, la Chose au terme d’un lobbying acharné de Hawkeye, acceptait enfin l’offre de l’archer Vengeur, concluant ainsi les 9 premiers mois de Steve Englehart sur The West Coast Avengers.

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En 1972, Roy Thomas et Gil Kane inauguraient les débuts de la série Marvel Premiere en réintroduisant deux personnages imaginés par Stan Lee & Jack Kirby dans les années 60, Le Maitre De L’Evolution (The Mighty Thor #134) et Him (Fantastic Four #66-67), pour croiser la conclusion des histoires dans lesquelles ils apparurent pour la dernière fois afin d’en tirer un récit (presque) original (respectivement, Tales To Astonish #96 et Thor #166).
L’épisode intitulé « And Men Shall Call Him… Warlock ! «  (Marvel Premiere #1) débutait ainsi avec Le Maitre De L’Evolution comme un prolongement direct de ses interventions dans la série Tales To Astonish.
Désormais capable de faire évoluer toute forme de vie, minérale, terrestre ou animale, sans avoir recours au mutagène qu’il créa jadis, Le Maitre De L’Evolution développait l’idée de créer une Terre sur la même orbite que la notre (sauf qu’à son exact opposé par rapport au Soleil), sur laquelle serait éradiquée toute émanation du mal.
Tandis qu’il élaborait les derniers contours de son projet, Le Maitre De L’Evolution recueillit dans son satellite un cocon astéroïde contenant en son sein Him, un humanoïde aux gênes parfaites créé par une équipe de scientifiques sur Terre, qui fuya dans l’espace après un combat mortel contre Thor (The Mighty Thor #166).

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Fasciné par cette création sans égale, Le Maître De L’Evolution exposa à son hôte le plan de son œuvre et s’attela, durant 7 heures, à la création de la « Contre-Terre ».
Harassé par cette entreprise, Le Maitre De L’Evolution tomba dans un profond sommeil, profitant ainsi au retour d’une de ses expériences passées et bannies : L’Homme-Bête.
Pour se venger de son exil forcé (Thor #135), L’Homme-Bête corrompait la Contre-Terre des racines du mal avant d’affronter son créateur. Vaincu, Le Maitre De L’Evolution ne dû son salut qu’à l’intervention soudaine de Him qui, dans un sursaut de conscience, repoussa les assauts de L’Homme-Bête et ses sbires. Moralement touché par les événements qui souillèrent sa création nouvelle, Le Maitre De L’Evolution décida de détruire la Contre-Terre mais fut retenu dans son geste par Him, qui se porta volontaire pour éliminer l’Homme-Bête et ainsi éradiquer de la surface de la Contre-Terre, toute forme de violence.
Convaincu par ses mots et projetant en cet être parfait le fils qu’il rêva d’avoir, Le Maître De L’Evolution apposa au front de Him une des gemmes de l’infini en guise de protection et, précipitant son corps sur la Contre-Terre, le baptisa… Warlock !

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S’il y’a bien un truc qui embarque à la lecture du numéro 1 de Marvel Premiere, c’est la manière dont Roy Thomas explorait les origines des personnages principaux, élevant celles de l’un au rang de figure cosmique divine (Le Maitre De L’Evolution) pour remodeler celles de l’autre (Warlock), avec ce mécanisme narratif qui lui permettait de prendre ses distances avec l’univers mainstream de Marvel, depuis ces influences qui définissaient le socle de son histoire.
Empruntant à Kirby la mythologie des New Gods, aux Pythagoriciens le concept de la Contre-Terre, et dans le sillage du succès initié par la comédie musicale Jesus Christ Superstar (!), Roy Thomas revisitait l’Evangile avec le muscle qu’il nous fallait.

MarvelPremiere1-11Dans Marvel Premiere #2 et l’épisode titré « The Hounds Of Helios ! », Warlock, échoué quelque part dans le désert californien, rencontrait ses apôtres quatre jeunes qu’il allait embarquer avec lui dans sa mission de sauvetage de l’humanité.
Avec ces illustrations dont certaines cases n’auraient pas dépareillés dans les pages d’un Metal Hurlant (Gil Kane oeuvrant à merveille dans côté SF-Punk des Ani-men, notamment) et ce détonateur à l’action, échappé du schéma d’un épisode de… Goldorak (très sérieusement!), « The Hounds Of Helios ! » ne faillait pas dans de le redéploiement de la mythologie des super-héros, suggérant un avenir prometteur au personnage de Warlock, désormais affublé du prénom d’Adam.
3 mois plus tard, tandis que Marvel Premiere continuait d’enchainer les numéros avec des personnages modernes ou passés, avec plus ou moins de bonheur , Adam Warlock réapparaissait dans sa propre série intitulé sobrement, The Power Of… Warlock.

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Demeuré aux commandes un numéro durant, Roy Thomas céda l’écriture du titre à Mike Friedrich, dès le deuxième volet des aventures d’Adam Warlock, non sans omettre de dégager les grandes lignes d’une feuille de route allégorisant les textes bibliques.
Ainsi, le final de « The Day Of The Prophet » ouvrait une voie somme toute royale à Mike Friedrich, qui dès son introduction dans la série, animait le premier affrontement entre l’Homme-Bête et Warlock, (sous les dessins de John Buscema qui remplaçait à cette occasion Gil Kane), comme tout droit sorti d’un chapitre de l’Apocalypse selon St Jean (« Count-Down For Counter-Earth! », The Power Of Warlock #2).
Tout en prolongeant l’idée originelle de Roy Thomas au travers du détail symbolique (comme cette première planche de « Apollo Eclipse ! » dans …Warlock #3), Mike Friedrich s’enorgueillissait de développer les Red Richards et Victor Von Doom de la Contre-Terre (dont l’idée fut introduite par Thomas & Kane dans Marvel Premiere #2), donnant à l’un un alter-ego maléfique (La Brute) et faisant de l’autre, un scientifique pacifiste. L’on relèvera toutefois que dans cette entreprise, Friedrich fut épaulé par l’auteur de science-fiction Ron Goulart (chapeauté par son ami Gil Kane), ce dernier étant même crédité seul, au script, dans …Warlock #5, dans un épisode qui évoquait la manipulation des masses par le pouvoir.

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Faute d’avoir trouver son public (ou comment pudiquement évoquer « le bide »), The Power Of Warlock terminait sa course au numéro 8, et cette dernière planche révélant que le président de la Contre-Terre était en réalité l’Homme-Bête (ou quand Marvel attribuait un visage politique à l’antéchrist, avec des années d’avance sur le cinéma).
Désormais au dessin depuis …Warlock #6, Bob Brown concluait donc la série d’une case opposant Warlock à sa nemesis, et à Mike Friedrich de fermer définitivement le ban sur ces mots : « This particular clash will be concluded… Sometime, somewhere in the Marvel universe (…) ».

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Quelques 8 mois plus tard, Warlock allait poser ses valises dans la série The Incredible Hulk (des numéros 176 à 178) conduite par Gerry Conway et Herb « Ugly » Trimpe, sous les ordres d’un Roy Thomas qui devait se traîner une charrette de pêchés -grosse comme ça- à se faire pardonner, puisque ces épisodes calquait les derniers jours de Warlock, de sa crucifixion (et cette phrase géniale adressée au Maitre De L’Evolution : « High Evolutionary… Why have you abandoned me? ») à sa résurrection, sur ceux de Jésus-Christ (jusqu’à reprendre cet instantané de La Cène avec… Hulk !!!!).
Adjugeons toutefois qu’il s’agissait là d’une généreuse idée de la part de Roy Thomas, le personnage de Warlock étant désormais devenu une puissance mystique et quasi-divine, sujet possible à toutes les élucubrations, pour peu qu’un auteur digne de ce nom ne s’entiche d’un tel personnage.

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6 mois passérent, et Adam Warlock ré-apparaissait dans les pages de Strange Tales #178, sous la plume de Jim Starlin…

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Suite des aventures des héros du big-three mieux connu, désormais, sous le nom des Invaders, et qui débutait avec le 10ème épisode de la série introduisant la reprise d’un numéro de Captain America parue dans les années 40 (Captain America Comics #22), là où était attendu la suite de la mini-saga mettant en scène la famille Falsworth.
En résumé, sur le chemin du retour qui ramenait les Invaders, Union Jack et sa fille, gravement blessée, vers un hôpital militaire, l’évocation de « la grande faucheuse » ravivait chez Cap le souvenir d’un combat contre le Grim Reaper…

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Fallait-il voir en cette réimpression un subterfuge des auteurs à un numéro n’ayant pu être bouclé selon la deadline promise (le titre ayant désormais le privilège d’une parution mensuelle), la piste est plus que probable, toujours est-il qu’aussi satisfaisant soit l’hommage offert par Roy Thomas à un artiste du golden age (Al Avison), participant ainsi à l’idée directrice de la série (éduquer le lecteur jeune et moderne à tout un pan de l’histoire du comic des années 40), on ne pouvait qu’éprouver un certain sentiment de frustration à la lecture de ce numéro, après l’attente provoquée par le final de « An Invader No More! » (voir la 1ère partie de l’article).
Mais dès les premières pages de « Night Of The Blue Bullet ! » (#11), les dessins de Frank Robbins invoquaient tant de tension (l’espace réduit des cases pour illustrer l’état d’urgence de la situation) et de rythme que l’on était assuré d’une chose : les Invaders étaient bel et bien de retour !

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Dans ce numéro, pour que survive Jacqueline Falsworth aux blessures infligées par le Baron Blood (The Invaders #9), la Torche, seul donneur compatible avec la victime, se portait volontaire pour que lui soit transfusée son sang… d’androïde !
Pendant ce temps, tandis que le reste de l’équipe découvrait que le sous-sol de l’hôpital abritait les curieux travaux d’un certain professeur Gold, l’on apprenait que Lord Falsworth alias Union Jack était paralysé à vie. Et comme pour tout bon épisode de The Invaders il fallait , et un méchant haut-en-couleurs, et un rebondissement de taille, le professeur Gold –travaillant en réalité pour les nazis- revêtait une armure en forme de rocket humaine pour détruire l’équipe des plus grands super-héros de la seconde guerre mondiale, alors que la fille de Lord Falsworth, conjointement sous la transfusion du sang de la Torche et de celui infecté par la morsure du Baron Blood, acquérait des superpouvoirs !

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Comptant désormais un membre de plus sous l’alias de Spitfire, les deux numéros suivants (« To The Warsaw Ghetto! » et « The Golem Walks Again! ») emmenaient les Invaders en Pologne à la recherche du frère du professeur Gold : Jacob Gold…stein.
Ainsi, autour du mythe juif du Golem, ces épisodes évoquaient les ghettos de Varsovie comme était soulevé « la banalité du mal », ou la soumission psychologique des hommes et femmes de ces ghettos par le régime nazi (les dialogues entre Cap et Jacob Goldstein).
Et face à un ennemi aussi hideusement grotesque que sans envergure, l’on devait toute la réussite de ces numéros à l’introduction du personnage du Golem, développé comme un « conte & légende » salvateur et chargé de figure, à la résistance juive.

S’ouvrant sur un combat aérien opposant la RAF aux junker nazis, au beau milieu duquel surgissait l’aéronef des Invaders (et une superbe entrée en matière dessiné par Frank Robbins), les numéros 14 et 15 assuraient l’apparition d’un nouveau groupe de super-héros, britannique ceux-là, The Crusaders!

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On pouvait craindre, à l’évocation d’une telle équipe, que ne soit calqué le même motif littéraire du double dont s’était repait Roy Thomas lors de l’introduction de la Liberty Legion dans Marvel Premiere #29.
En vérité, l’apport des Crusaders (inspiré des héros issus de Quality Comics) sur « Calling… The Crusaders! » et « God Save The King! », allait permettre à Thomas de tisser, notamment, les fils d’une sous-intrigue mettant en jeu Lord Falsworth et un des héros des Crusaders, le minuscule Dynamite.
Trompé par leur mentor (également agent nazi : la 5è colonne, toujours et encore !), les Crusaders allaient, sans se douter, être responsable d’une tentative d’attentat sur sa majesté George VI, finalement déjouée par l’équipe de Captain America.
Se concluant par les interrogations des membres des Invaders au départ soudain de Lord Falsworth, Spitfire et Dynamite pour l’Allemagne, l’intermède d’un annual, qui revenait sur les exploits des héros du big-three dans des strips inédits, dessinés par d’anciennes gloires du golden age (Alex Schomburg, Don Rico et Lee Elias), faisait souffler le lecteur avant que ne débute ces superbes épisodes où il fallait… sauver le soldat Biljo White !

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Si Jim Mooney remplaçait le temps d’un numéro Frank Robbins à l’illustration (#16), c’est plus que jamais au contrôle de sa création que Roy Thomas allait faire montre, une fois n’est pas coutume (pour toujours et à jamais serais-je même tenté d’écrire !), de sa maitrise absolue de la narration d’un comic-book.
Débutant par la capture par les nazis d’un soldat américain, Biljo White (en réalité, le nom d’un vieil ami de Roy Thomas, rédacteur de fanzine!), soupçonné par le reich d’être en possession de la formule du super-soldat (dessinateur de comic-book dans le civil, White a en effet crée un personnage de fiction, le Major Victory, aux origines identiques à celle de Captain America !), l’épisode intitulé « The Short, Happy Life Of Major Victory » propulsait les Invaders à la rescousse du private White, fait prisonnier à… Berchtesgaden !
Abattu en plein vol alors qu’ils approchaient de la forteresse nazie, les Invaders affrontaient un Master-Man plus puissant que jamais.
Capturés, nos héros allaient , dés lors, faire face à leur plus grand ennemi, un genou malheureusement à terre :

– Cap! Is it really…?
– It is Bucky!
– It’s Adolf Hitler!

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Articulé autour de ce fameux comic-book dessiné par le soldat Biljo White qui faisait peur au régime nazi et au reich lui-même (et à Roy Thomas ainsi d’invoquer l’analogie avec l’effort de guerre satisfait par les comics dans les années 40), « The Making Of Warrior Woman, 1942! » voyait l’arrivée d’une nouvelle méchante, une officier nazie transformée en montagne de muscle germanique par une reproduction du sérum du super-soldat.
Objet de tous les fantasmes par Frank Robbins de retour à l’illustration, ce dernier la dessinait vêtue d’un corset de cuir, de longues bottes et munie d’un fouet, comme dans la plus perverse des nazisploitation !
Sur le chemin de cette dérive, Adolf Hitler ordonnait le mariage et la copulation de Warrior Woman et du Master-Man, afin que lui soit donné un héritier aryen dans toute sa pureté (« Enter The Mighty Destroyer! », The Invaders #18) !
Dans ce même numéro, le Destroyer (héros de l’ère Timely Comics) luttait aux côtés de Captain America, avec pour conséquence de voir son apparition venir directement se greffer sur la sous-intrigue mettant en scène Lord Falsworth, Spitfire et l’un des membres des Crusaders, Dynamite.
Toute la fascination de la lecture de ces épisodes -s’étalant des numéros 16 à 21- se manifestait par l’orchestration de Roy Thomas à diffracter le récit en une introduction de personnage, de case ou de dialogue, nourris en plus par des cliffhanger proprement hallucinants.
On relèvera ainsi le retour de Union Jack (!!!) dans « War Comes To The Wilhelmstrasse! », ou bien cette dernière page de « Enter The Mighty Destroyer! » dans laquelle, après avoir libéré le soldat Boljo White, le Destroyer et Captain America apprenait que les Invaders était en route pour Berlin afin d’y être exécuté, nous valant ces mots du héros à la star-splanged banner :
« Then… to Berlin ! And if Adolf Hitler has harmed Bucky… or any of the Invaders… By the time we reach them… Then, for the first time in his life… Captain America will commit cold blooded murder!! This I swear! ».
Et du rôle des jeunes Bucky et Toro dans ces épisodes, l’idée était bien évidemment de relever toutes les notions de symbole –de l’inexpérience au courage- que cette guerre menée sur le front par la jeunesse militaire contre le nazisme, représentait.

invaders21
E
ntre revival, hommage et amour passionné de ces super-héros des années 40, dessinés en plein milieu des 70’s, Roy Thomas et Frank Robbins laissait une empreinte définitivement indélébile à tout amoureux du genre.