Articles Tagués ‘sf’

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C’est une belle nuit de Noël qui approche dans la ville de Los Angeles. La neige n’y étendra sans doute pas son manteau blanc mais les yeux levés vers le ciel, ses habitants veillent le passage de la première comète à flamboyer le ciel terrestre depuis le l’extinction des dinosaures il y’a quelques 65 millions d’années. Tous, sauf Regina (Catherine Marie-Stewart) et sa soeur cadette Samantha (Kelli Maroney), l’une passant la soirée dans le cinéma où bosse son petit copain projectionniste et l’autre, en embrouille avec belle-maman, demeurant cloîtré dans le douillet pavillon familial. Sauf qu’au petit lever du jour, les deux jeunes femmes découvrent les terribles effets dévastateurs de la traversée de la comète : toute vie humaine a désormais disparu et les survivants à toujours arpenter les rues Californiennes ont été transformés en zombies. Et ce n’était pas une gueule de bois.

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Ah, 1984. Gremlins, …Le Temple Maudit, SOS Fantômes. Temps béni également de ces compagnies indépendantes qui sur-multipliaient les productions tous azimuts, en même qu’elles satisfaisaient nos plaisirs d’ado’ ou de préadolescent en forgeant nos frêles physiques à une certaine cinéphilie de genre et déviante. Et c’est par ailleurs à l’une de ces firmes, ORION, que l’on devait Night Of The Comet que réalisa le jeune Thom Eberhardt (son second film, après le déjà très bon Sole Survivor) sous forte influence des films post-apo des années atomiques (Le Monde, La Chair…, Je suis une légende) et des années soixante-dix comme Le Survivant de Boris Sagal.

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Mais Thom Eberhardt ne s’en remettait pas seulement à la nostalgie des films de drive-in, mais inscrivait son histoire dans un contexte typique du cinéma commercial des années 80, entre teen-movie et film d’horreur « inoffensivement » sanglant, aux dessous malgré tout critique ou amusé des institutions humaines (la séquence de shopping sur fond de Cyndi Lauper dans un centre commercial désert, pied de nez à la démarche anti-consumériste qui secouait un certain… Zombie de George A. Romero). Et comme tout bon film de genre qui se respecte, Night Of The Comet profitait de son contexte surnaturel pour lâcher son petit symbole progressiste en attribuant le rôle de l’unique héros mâle à un… latino (Robert Beltran), anticipant ainsi avec un peu plus de 30 ans la tendance ethnographique qui bouleverse actuellement l’Amérique. Word!

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Même si au final la présence des zombies occupait très peu l’écran (l’idée tenant surtout sur la fait que la population mondiale ait été décimée), Night Of The Comet vivait au rythme de son humour bon enfant, de ses séquences musicales enivrante (la station de radio, le centre commercial…) et de sa bonne dose de distance critique autour de ses deux héroïnes, au demeurant mortellement charmantes.

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Mais le plus étrange avec ce film de Thom Eberhardt, c’est qu’il vous donnait l’envie de vivre une vie de fille au moins 24 heures durant !

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Ca ne surprendra personne, la SF des seventies se sera montrée soucieuse d’afficher avec un effroyable réalisme la représentation des peurs quotidiennes de la société d’alors.
En plein cinéma du complot, le genre n’y allait plus de ses allégories anti-coco mais évoquait au présent l’inquiétude profonde de nos contemporains qui entonnaient, chaque jour, toujours un peu plus ce refrain : « Le futur que nous réserve t-il ? » *.
Et réalisé par un petit nouveau dans le monde du cinéma mais par un grand monsieur de la TV US ( Des Agents Très Spéciaux, Les Envahisseurs,
Le Fugitif), The Forbin Project se posait dans le genre, en projetant la hantise d’une technologie déréglée et menaçante pour le genre humain.

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Charles Forbin, c’est un mec super intelligent. Un scientifique au look de dandy, créateur pour le compte du gouvernement US d’un (forcément) super ordinateur en charge de la défense du pays, répondant au doux nom de Colossus. Problème, les Russes jamais en reste pour reluquer sur la copie du voisin ont également ajouté leur pierre à l’édifice technologique, en mettant sur pied Guardian. Et manifestement entre Colossus et Guardian ça colle direct, les 2 monstres de puissance informatique communiquant entre elles pour foutre le boxon dans le monde.
La révolte des machines est en marche, leur ambition ? Asservir la race humaine…

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Comme un paquet d’autres œuvres de SF, il aura fallu du temps pour que The Forbin Project ne soit considéré à sa juste valeur et n’acquiert donc ses galons mérités de film-clé du genre. Et à bien y regarder, avec un pitch qui n’était pas des plus alléchants en terme de spectaculaire, des effets (très) spéciaux aux abonnés absents et aucune tête d’affiche, le spectateur n’avait il pas eu raison de ne pas en prendre pour un dollar ? Non. Car En la personne de Joseph Sargent, le générique de The Forbin Project avait pourtant clairement affiché ses intentions, et les producteurs leur idée de génie en ayant enrôlé ce routier de la TV US en tant que réalisateur.
Habitué de la narration télévisuelle, Sargent ne se formalisait pas des moyens visiblement réduits de son film (mais vous jugerez sur pièce), pour au contraire articuler avec brio à partir de son lieu commun, une éprouvante progression dramatique à la manière des plus grands thrillers politiques. Je n’y vais certes pas de main morte avec les qualificatifs mais, la mise en scène réaliste de Sargent comme ses intentions jusqu’au-boutiste, figeait d’effroi le spectateur dès la 45è minute.

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S’il l’on peut regretter que la pression ne retombe comme un soufflet lors de l’intermède qui verra Forbin confiné dans son appartement sous la menace de Colossus (avec en prime une romance dont une scène vous rappellera sans doute… Austin Powers !), il en ressortira que ces quelques minutes anticiperont avec une lucidité implacable la paranoïa découlant de Big Brother. Car même dans ses moments les moins réussis (et en vérité, il n’y en a qu’un seul), The Forbin Project affichait les craintes incoercible de la conscience collective, au seuil d’une nouvelle ère technologique.
Impressionnant de noirceur, le final du film contrastait avec la satisfaction arrogante de Forbin au début du film : impuissant face à l’ambition de sa création, ce dernier cédait jusqu’à en plier définitivement la tête

Le soulèvement des machines sur les écrans de cinéma, c’est en 1970 qu’il a eu lieu.

*Et de Mondwest à The Forbin Project, James Cameron n’aura donc pas négligé la thématique de la SF des 70’s pour assembler les pièces de son Terminator