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En 1977, Robert A. Endelson pour la réalisation et Straw Weisman à l’écriture, collaborèrent à ce que l’on pourrait considérer être comme le croisement entre La Dernière Maison Sur La Gauche et Funny Games, sur lesquels on y aurait ajouté quelques stéréotypes empruntés à la blaxploitation. Fight For Your Life débute ainsi à New-York, où trois détenus s’évadent du fourgon cellulaire les acheminant à la prison d’Etat. Au terme de leur cavale sanglante, les trois hommes trouvent refuge dans une petite ville où ils prennent en otage une famille noire Américaine…

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Avant d’évoquer ce qui intéressera de prime abord les amateurs de cinéma déviant, il fait bon de relever que le film bénéficie sans doute de l’une des histoires les mieux écrites de la blaxploitation (pour peu qu’il faille l’associer au genre), particulièrement perverse dans sa façon d’exprimer le ressenti haineux de l’Amérique de cette fin des 70’s, qui embrasait littéralement l’écran dans une sulfureuse métaphore, lorsque dans l’exiguïté d’une pièce du salon, s’affrontait une nation pluriculturelle sous les traits d’un latino, d’un asiatique, d’un blanc redneck et d’une famille noire.

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Fight For Your Life bravait les gimmicks liés d’habitude au genre (black-superman, dealer, maquereau, pauvre du ghetto, victime de brutalités policières…) pour filmer une famille noire américaine d’origine modeste et sans histoire, à propos de laquelle il fut ajouté un détonnant progressisme (une belle-fille blanche ; le camarade de jeu du cadet de la famille Turner est le rejeton du shérif local…) contribuant à faire du film un véritable « ofni » dans la blaxploitation.

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Mais ce n’est évidemment pas pour ses qualités thématiques que Fight… fut censuré aux Etats-Unis ou même carrément interdit sur le sol britannique lors de sa sortie en salles (et il ne s’agissait pas seulement d’une accroche purement publicitaire), mais bien parce que l’ultra violence autour duquel s’articulait son sujet allait marquer durablement les esprits. Si, par exemple, dans un film comme La Dernière Maison Sur La Gauche avec lequel Fight For Your Life entretient de nombreuses similitudes, l’horreur sautait à la gorge dès sa première demie-heure, le film de Robert A. Endelson, lui, n’allait seulement (d’autres écriront « heureusement ») dérapé véritablement dès l’instant où les 3 malfrats -William Sanderson en tête- allait franchir le seuil de la porte de la famille Turner en basculant par palier dans l’abject.

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Incroyablement raciste et réactionnaire par la voix de William Sanderson (l’écho du futur de l’Amérique Reaganienne?) qui s’adonnait aux pires humiliations (viol y compris) envers les membres de la famille Turner dans un huis clos dérangeant, Fight For Your Life ne limitait sa violence à aucun cadre, et assommait définitivement le spectateur lorsque l’un des criminels massacrait à coups de roche dans le visage le jeune ami du fils Turner, dans une scène figurant sans conteste dans l’un des –si ce n’est le– plus abjecte infanticide filmé au cinéma.

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Virant dans ses quinze dernières minutes au revenge movie pur et dur, Fight For Your Life se taille une place de choix dans la blaxploitation, allant jusqu’à exploser les barrières du genre pour figurer parmi les films plus politiquement incorrect jamais réalisé.

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L’histoire : Rendu fou de rage par le meurtre de son fils, l’agression de sa femme et une justice laxiste et incompétente, Eddie (Robert Forster) un ouvrier de New York rejoint la milice créé par son ami et collègue, Nick (Fred Williamson). Dès lors, il n’aura qu’une obsession : la vengeance…

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Drôle de période pour le cinoche que les années 80 quand même.
Avec, entre autres, l’hégémonie de certains cinéastes sur le Tout-Hollywood (guess who?), l’émergence des buddy-movie du père Silver ou la profusion de figures héroïques bodybuildés, c’est un cinéma marqué par l’accession de Reagan au pouvoir qui va effectuer sa propre mutation. C’est le temps de tous les excès pour Hollywood, pourtant complètement en phase avec une Amérique sociale également sujet à toutes les dérives. Et c’est au beau milieu de cet amas d’ultra violence et de délire sécuritaire que se dresse fièrement un homme – William Lustig – qui avec Maniac et Vigilante (et entre 2 pornos) autopsie donc les tréfonds d’un pays qui paradoxalement, n’a jamais aussi fièrement bombé le torse (économiquement, les 80’s auront vu l’une des périodes les plus faste pour les USA)…

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Si avec Maniac, Lustig revisitait Norman Bates dans une sorte de version unrated du personnage d’Hitchcock, Vigilante se positionne en émule d’un thème remis au goût du jour par Michael Winner et son Death Wish : l’autodéfense.
Mais si dans le fond Vigilante a sensiblement la même approche que son homologue, la différence notable entre les deux métrages demeure dans la forme. Quand Winner filme les agissements d’un homme seul face à la racaille (et ça ne se passe pas sur la dalle d’Argenteuil, souvenez-vous!), asseyant en même temps une certaine idée du héros du cinéma Américain, Lustig s’attache à montrer que le salut des petites gens (rappelons que Paul Kersey dans Death Wish est… architecte) passe par une solidarité étroite.
Comme un symbole, le film démarre sur un Fred Williamson (le symbole, c’est lui) haranguant ses troupes à prendre les armes contre la vermine qu’une justice corrompue laisse délibérément dans les rues. Remplacez Peace par War, Love par Hate mais gardez précieusement Unity en queue de peloton, et vous obtiendrez une variante du morceau chanté par James Brown et Afrika Bambaataa…
Et Williamson en James Brown musculeux, ça l’fait grave !

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Moins underground que Maniac, ce 4è long de Lustig (souvenez-vous, il a fait 2 pornos!) demeure malgré tout une œuvre empreint d’une radicalité extrême.
Dans la continuité des propos du film, Lustig n’emploie aucune concession lorsqu’il s’agit de mettre en scène les agissements des 2 camps : hardcore jusqu’au bout des ongles, le meurtre de l’enfant du personnage incarné par Robert Forster explose à la tête du spectateur en même temps que l’impact de la balle envoie en morceaux ses chairs contre une fenêtre. Traumatisant.
Au sentiment que les coups physiques semblent être portés avec une retenue probable, Lustig répond par un filmage évocateur sur la puissance des armes à feu. Et autant qu’un hommage au grand Sam Peckinpah, il faut sans doute voir en cette utilisation brutale de poudre et d’acier une allégorie à la violence croissante secouant les USA – et notamment Big Apple – à cette époque.
En montrant son flingue à un Forster désabusé quant aux méthodes de son collègue de travail, Williamson n’aura-t-il pas ces quelques mots : « C’est mon juge… Et mes jurés » ?
Mais bordel, plus que cette double lecture qu’engendre invariablement un thème comme l’auto-défense, Vigilante est d’abord un putain de bon gros film d’exploitation.

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Nanti d’un budget plus conséquent que sur Maniac (les 2 pornos, ça vous revient ? ;-)), Lustig revisite le western, le film de prison, la blax’ et y va même d’un malicieux clin d’œil à The Seven Ups – sur lequel il fut production assistant – avec une longue poursuite de bagnoles.
Film néo-noir ou urbain au réalisme brutal, Lustig magnifie parfois Vigilante de scènes ou de dialogues prenant véritablement aux tripes dans le plus pur style du revenge-movie.
Comment oublier ce moment où Robert Forster, la démarche hagarde mais le visage déterminé, traverse tout un playground en bousculant tous ceux se trouvant sur son chemin, pour se dresser devant Fred Williamson et lui lâcher un laconique mais explosif : « Je l’veux ! ». Le tout sur le puissant et électrisant « main title » de Jay Chattaway.
Au diable certaines situations pour le moins absurdes ou une interprétation souvent sur le fil de l’amateurisme (mais Dieu a fait Robert Forster, Fred Williamson et Woody Strode) Vigilante c’est la puissance du cinéma authentique et cette phrase du père Strode à Robert Forster : « Non mon vieux, tu es dans la merde. Tu n’as plus aucuns droits. Tu es un nègre comme un autre… »

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Indispensable à tout bon amateur de cinéma d’exploitation.