Archives de janvier, 2014

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C’est une belle nuit de Noël qui approche dans la ville de Los Angeles. La neige n’y étendra sans doute pas son manteau blanc mais les yeux levés vers le ciel, ses habitants veillent le passage de la première comète à flamboyer le ciel terrestre depuis le l’extinction des dinosaures il y’a quelques 65 millions d’années. Tous, sauf Regina (Catherine Marie-Stewart) et sa soeur cadette Samantha (Kelli Maroney), l’une passant la soirée dans le cinéma où bosse son petit copain projectionniste et l’autre, en embrouille avec belle-maman, demeurant cloîtré dans le douillet pavillon familial. Sauf qu’au petit lever du jour, les deux jeunes femmes découvrent les terribles effets dévastateurs de la traversée de la comète : toute vie humaine a désormais disparu et les survivants à toujours arpenter les rues Californiennes ont été transformés en zombies. Et ce n’était pas une gueule de bois.

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Ah, 1984. Gremlins, …Le Temple Maudit, SOS Fantômes. Temps béni également de ces compagnies indépendantes qui sur-multipliaient les productions tous azimuts, en même qu’elles satisfaisaient nos plaisirs d’ado’ ou de préadolescent en forgeant nos frêles physiques à une certaine cinéphilie de genre et déviante. Et c’est par ailleurs à l’une de ces firmes, ORION, que l’on devait Night Of The Comet que réalisa le jeune Thom Eberhardt (son second film, après le déjà très bon Sole Survivor) sous forte influence des films post-apo des années atomiques (Le Monde, La Chair…, Je suis une légende) et des années soixante-dix comme Le Survivant de Boris Sagal.

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Mais Thom Eberhardt ne s’en remettait pas seulement à la nostalgie des films de drive-in, mais inscrivait son histoire dans un contexte typique du cinéma commercial des années 80, entre teen-movie et film d’horreur « inoffensivement » sanglant, aux dessous malgré tout critique ou amusé des institutions humaines (la séquence de shopping sur fond de Cyndi Lauper dans un centre commercial désert, pied de nez à la démarche anti-consumériste qui secouait un certain… Zombie de George A. Romero). Et comme tout bon film de genre qui se respecte, Night Of The Comet profitait de son contexte surnaturel pour lâcher son petit symbole progressiste en attribuant le rôle de l’unique héros mâle à un… latino (Robert Beltran), anticipant ainsi avec un peu plus de 30 ans la tendance ethnographique qui bouleverse actuellement l’Amérique. Word!

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Même si au final la présence des zombies occupait très peu l’écran (l’idée tenant surtout sur la fait que la population mondiale ait été décimée), Night Of The Comet vivait au rythme de son humour bon enfant, de ses séquences musicales enivrante (la station de radio, le centre commercial…) et de sa bonne dose de distance critique autour de ses deux héroïnes, au demeurant mortellement charmantes.

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Mais le plus étrange avec ce film de Thom Eberhardt, c’est qu’il vous donnait l’envie de vivre une vie de fille au moins 24 heures durant !

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Du vide laissé par la CANNON au parcours bâtard de NU IMAGE vers MILENNIUM FILMS, PM ENTERTAINMENT (studio qui n’aura jamais aussi bien porté son appellation) aura durant les années 90 totalement satisfait le spectateur de la vidéo d’action ou celui en recherche d’émotions fortes et de testostérone le temps d’une soirée de merde (en solo, la bite à la main). Et parce que cette perspective guette parfois nos week-ends (la recherche d’émotions fortes et de testostérone, bien sûr), il est vivement conseillé de se jeter sur Rage, réalisé par Joseph Merhi, et qui raconte comment la vie sans histoire d’Alex Gainer (Gary Daniels), instituteur dans une école primaire, allait basculer dans une histoire mêlant sérum de super-soldat, trafic de clandestins, CIA et 4è pouvoir. Transformé en machine à tuer par l’Armée parce que jugé plus résistant que les précédents cobayes humains utilisés jusqu’alors, Gainer parvient, au terme d’un carnage, à prendre la fuite. Déterminé à faire éclater la vérité sur les agissements obscurs du gouvernement, Alex Gainer devient l’homme le plus recherché de Californie…

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Depuis les bases d’un scénario qui interpénétrait science-fiction, film de complot, satire des médias (une grande spécialité de la maison Pepin et Merhi, ici sous influence de Piège De Cristal) jusqu’à flirter avec les lignes du drame social en évoquant le problème des immigrés clandestins et les méthodes fascistes des autorités à leur égard (!), Rage ne donnait pas seulement l’impression que le rythme était fou sur le papier, à l’écran il appartenait aux séquences d’action d’imposer la structure du film, de ramener le spectateur à l’évidence d’un genre et de ridiculiser la ritournelle de 3 lettres héritée de la fin du marché vidéo à papa et du bouleversement du mode de production des majors. Emmené par une anthologique course poursuite (exemple canonique du savoir faire PM) se déroulant sur une autoroute et mettant en scène un Gary Daniels hors de contrôle à bord d’un poids-lourd qui dévastait tout sur son passage (avec en prime du clin d’oeil comme l’on en fait plus à Smokey & The Bandit!), Rage disposait pendant 1H30 de l’attention du spectateur, désormais sous contrôle, halluciné par l’exercice qui le conviait au fameux… stimulus physique.

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Malgré cette approche non-sensique du genre, Joseph Merhi ne cherchait aucun débordement dominé par l’ère du tout-vidéo clip dans sa réalisation, beaucoup plus dans l’efficacité hypertrophiée des enchainements de ses séquences d’action (la course poursuite qui en mettra plus d’un sur les rotules donc, mais aussi la longue séquence à base de SWAT et d’hélicoptère cherchant à dégommer Gary Daniels sur le toit d’un immeuble) à un final homérique se déroulant dans un centre commercial (avec pleins de jolis cascades) d’où surgissait la… stylisation du méchant qui clopait derrière un manège sur fond de ralenti (pas été vérifié depuis leur année de production respective, mais il me semble que ces inserts dans le montage de cette ultime séquence de Rage imitait le début de Volte-Face), moment d’épate dispensable (même si pas trop mal fichu), dans un film qui avait jusque là bien digéré le jeu des références.

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Il reste que Rage avait quoiqu’il en soit gagné sur toute la ligne, celui du mérite, déjà, pour Joseph Merhi qui avait réalisé l’un de ses films les plus réussi dans son habit de mécano du cinéma d’action, et puis celui de nous avoir redonné foi en l’honnêteté de la presse , la justice, le courage : l’individu.

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Une tuerie.